Rennes: Greffé il y a 44 ans, Joseph est un survivant bien vivant

SANTE Le Breton a été opéré en 1974 au CHU de Rennes...

Camille Allain
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Joseph Legoff est l'un des plus anciens greffés de France. Il a été transplanté d'un rein en 1974 au CHU de Rennes.
Joseph Legoff est l'un des plus anciens greffés de France. Il a été transplanté d'un rein en 1974 au CHU de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Joseph Legoff est l’un des plus anciens greffés de France.
  • Il a été opéré en 1974 au CHU de Rennes.
  • L’association France Adot 35 souhaite faire connaître le don d’organes et compte sur son témoignage.
  • Depuis janvier, les Français opposés au don doivent s’inscrire sur un registre de refus.

« Je me souviendrai toujours de ce jour où l’on m’a dit qu’on allait m’enlever un rein. Je pensais que j’étais foutu. » Ce jour, c’était le 5 mars 1974. Alors âgé de 41 ans, Joseph Legoff est greffé d’un rein au CHU de Rennes. « Dans ma famille, on pensait qu’on m’avait mis un bout de plastique ou un appareil. Il fallait que j’explique que j’avais l’organe d’un autre​. » Quarante-quatre ans plus tard, Joseph Legoff est toujours vivant. Fatigué, mais bien vivant. « Il n’y a pas un jour où je ne pense pas au donneur et à sa famille. »

Ce témoignage, France Adot 35 tenait à le faire connaître. Engagée en faveur du don d’organes, l’association espère « donner de l’espoir » en faisant connaître le parcours de Joseph Legoff. Transplanté il y a 44 ans, il est sans doute l’un des plus anciens greffés de France encore en vie. « Et à part mes jambes qui ne marchent plus, ça va », sourit le retraité de 85 ans. « Nous voulons montrer que la greffe c’est efficace, même dans la durée. Il y a encore des gens qui en doutent », poursuit Daniel Alliaume, président de l’antenne départementale.

 

Depuis janvier, les personnes opposées au don d’organes doivent se faire connaître auprès des institutions et s’inscrire sur le registre national des refus. Tous les autres sont « présumés » donneurs. Mais dans les faits, les équipes médicales interrogent toujours la famille du défunt. « Les prélèvements d’organes se font souvent dans le cas de morts encéphaliques. Ce sont toujours des morts brutales. Mais il faut aller vite. Ce n’est pas simple pour les proches », explique Cécile Vigneau, professeure en néphrologie au CHU de Rennes.

« Il y a toujours une pénurie »

Pour la chef de service, il est primordial « d’en parler avant ». En 2017, 29 % des familles ont refusé le prélèvement, contre 33 % en 2016. « Chacun est libre de refuser, mais il faut l’évoquer pour connaître le souhait de chacun », poursuit Cécile Vigneau. De 2012 à 2016, le nombre de greffes a progressé de 17 % en France. Mais le nombre de malades sur liste d’attente a grimpé de 36 %. « Il y a toujours une pénurie, il faut que ça se sache », poursuit Vanessa Fisson, qui s’est engagée auprès de France Adot 35. Elle a été greffée il y a 14 ans, alors qu’elle avait 25 ans. « Mon cœur a lâché d’un coup. Sans greffe, je ne serais plus là ». Elle est aujourd’hui maman de deux enfants.