Epidémie de rougeole: Les autorités sanitaires craignent un phénomène d'ampleur si la population n'est pas vaccinée

SANTE Début février, une femme de 32 ans, non vaccinées, est décédée de la rougeole en Nouvelle-Aquitaine...

20 Minutes avec AFP
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Un médecin traitant vaccine ses patients contre la rougeole.
Un médecin traitant vaccine ses patients contre la rougeole. — F. DURAND / SIPA

La France connaît une nouvelle épidémie de rougeole. Les autorités sanitaires voudraient endiguer ce phénomène par une vaccination généralisée.

Partie de la région de Bordeaux début novembre, l'épidémie n'a cessé depuis de s'étendre, avec 913 cas recensés dans le pays, a indiqué la Direction générale de la Santé mercredi. Il y a eu, sur le dernier mois, un tiers de cas de plus que sur les trois mois et demi précédents. L'un d'entre eux, à Poitiers, a été fatal début f

 

évrier à une jeune femme de 32 ans jamais vaccinée.

Un objectif de 95% de personnes vaccinées

La tendance actuelle «nous fait craindre une épidémie d'ampleur importante comme celle que nous avons observée en France entre 2008 et 2012», a déclaré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Pour l'instant on est encore loin des 24.000 cas enregistrés à cette époque-là, dont près de 15.000 rien qu'en 2011. Mais la seule protection efficace, à savoir la généralisation du vaccin, manque toujours. «L'élimination de la rougeole est un objectif prioritaire de l'Organisation mondiale de la santé (...) Pour cela, il est nécessaire d'atteindre un objectif de couverture vaccinale de 95% chez les personnes à risque», a souligné Jérôme Salomon.

Ces personnes à risque, c'est un peu tout le monde né après 1980, la date à partir de laquelle la maladie a nettement reculé. Car ceux qui sont plus vieux ont, d'après le ministère, «probablement déjà eu la rougeole», qui touchait à une époque des centaines de milliers d'enfants chaque année.

Complications graves

Individuellement, avoir déjà souffert de la maladie protège au moins aussi bien que le vaccin. Le problème, si on ne se vaccine pas, c'est qu'on peut transmettre la maladie à des personnes vulnérables.

La France a beaucoup à faire pour parvenir aux 95% visés. La couverture avec la seconde dose de vaccin, qui garantit l'immunité, varie en fonction des départements entre 62 et 88%, d'après des données de Santé publique France. Dans l'épidémie actuelle, «près de 9 cas de rougeole sur 10 sont survenus chez des personnes non ou incomplètement vaccinées», a souligné l'organisme de surveillance. Se manifestant par une forte fièvre puis une éruption de plaques, la maladie est souvent bénigne. Mais elle peut entraîner des complications graves, respiratoires et neurologiques.