Des chercheurs testent une technique pour prédire les chances de réveil d'un coma

ÉTUDE Cette technique permettrait de déterminer objectivement les chances de survie d’un patient…

20 Minutes avec agences
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L'image d'un cerveau vu par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) / illustration.
L'image d'un cerveau vu par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) / illustration. — MIGUEL MEDINA / AFP

Savoir avec certitude si un patient se réveillera d’un coma : c’est le but recherché par une équipe de scientifiques européens. Une étude, publiée le 28 février dans la revue Lancet Neurology, se concentre sur une forme précise de coma, celui qui suit un arrêt cardiaque.

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La recherche a porté sur 200 patients adultes dans le coma depuis plus de sept jours, hospitalisés dans 14 centres en France, en Italie et en Belgique.

Définir des seuils

Les chercheurs ont mesuré avec des IRM le mouvement de l’eau dans la substance blanche du cerveau, qui permet la connexion entre les neurones. En étudiant le degré de désorganisation de ce mouvement, ils ont fixé des seuils pour pronostiquer les chances de réveil des patients après six mois.

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« Au-dessus d’un certain seuil, on est certain que ça ira ; au-dessous, on est certain que ça n’ira pas. Dans la zone grise, il faut attendre », explique le professeur Louis Puybasset, de l’hôpital Pitié Salpêtrière à Paris et auteur principal de l’étude, soulignant que cette mesure anatomique « ne fluctue pas ».

Mettre fin à la « culture de l’opinion »

L’intérêt à terme : « avoir un niveau de preuves très élevé » permettant de décider l’arrêt ou la poursuite des soins. « Dans certains pays, on arrête très vite les traitements, dans d’autres on les poursuit longtemps », poursuit le chercheur. « Ça dépend beaucoup des opinions. Le but, c’est de sortir de la culture de l’opinion pour se baser sur des preuves solides. »

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Cela permettrait selon lui d’être « très pédagogique pour les familles ». « Plus les mesures sont fiables, plus la confiance est là », estime-t-il. « Cette technique est supérieure à tous les autres tests utilisés à ce jour », a commenté l’AP-HPdans un communiqué publié le 8 mars, en soulignant que ces résultats demandent maintenant « à être confirmés par des essais à grande échelle ». Les chercheurs travaillent à l’application de cette technique sur d’autres types de comas.