Lyon: Une étudiante meurt des suites d’une otite, sa mère porte plainte contre l’hôpital Edouard-Herriot

SANTE Leana, une étudiante de 19 ans, est décédée à l’hôpital Edouard-Herriot des suites d’une otite, après deux passages aux urgences lyonnaises….

Elisa Frisullo

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La jeune fille avait été prise en charge deux fois aux urgences dix jours avant son décès. Illustration.
La jeune fille avait été prise en charge deux fois aux urgences dix jours avant son décès. Illustration. — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • L’étudiante de 19 ans est morte, après deux passages aux urgences pour une otite, d’une complication rare.
  • Sa mère estime que le degré d’urgence de son état de santé n’a pas été pris en compte par les médecins et a porté plainte contre l’hôpital pour «homicide involontaire».
  • Le chef des urgences d’Edouard-Herriot assure que, lors de son second passage aux urgences, les examens médicaux de la jeune fille étaient normaux.

Le décès de Leana, survenu le 23 février à l’hôpital Edouard-Herriot à Lyon après deux passages aux urgences, aurait-il pu être évité ? La mère de cette étudiante de 19 ans, originaire du Nicaragua, convaincue que la mort de sa fille est due à « une erreur médicale », a décidé de porter plainte contre l’hôpital lyonnais, révèle Le Progrès.

Dans les jours précédant sa mort, la jeune fille, étudiante en Littérature à Lyon-II, s’était rendue aux urgences à deux reprises pour une otite. Le 9 février, tout d’abord. Puis le 12 février, après que son état s’est aggravé malgré le traitement délivré lors de la première visite à HEH par un médecin des urgences.

Plainte pour « homicide involontaire »

« Les médecins n’ont pas pris le temps de diagnostiquer correctement le mal dont souffrait ma fille. Ils n’ont pas pu prendre en compte ses symptômes, n’ont pas su voir le caractère urgent de la situation, disant à ma fille qu’une otite n’était pas une urgence », estime la mère de Leana, qui a déposé plainte pour « homicide involontaire ». La mère de famille s’est forgé cette intime conviction en écoutant les témoignages des amies de sa fille qui ont conduit l’étudiante à l’hôpital le 12 février.

Ce jour-là, la jeune fille présentait, selon sa mère, d’importants maux de tête, vomissait et était très faible. Malgré tout, elle aurait attendu huit heures avant d’être prise en charge aux urgences. Puis, elle aurait été renvoyée chez elle avec un nouveau traitement. Après une légère amélioration, son état se serait de nouveau dégradé. Le 21 février, Léana avait finalement été transportée à l’hôpital Edouard-Herriot, dans le coma.

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Une complication rare

Arrivée en réanimation en état de mort cérébrale, elle était finalement décédée le 23 février, d’une hypertension intracrânienne consécutive à un abcès cérébral, selon l’autopsie réalisée ensuite. Une complication rare mais pas inhabituelle.

Interrogé par le quotidien régional, le Pr Karim Tazarourte, le chef des urgences de l’hôpital Edouard-Herriot, a indiqué que lors de son arrivée au pavillon N, le 12 février, la jeune fille était passée, dans la demi-heure, devant l’infirmière d’accueil et d’orientation chargée d’évaluer le degré d’urgence de l’état de santé des patients.

Les examens étaient « normaux », selon le chef des urgences

Leana avait été classée dans la catégorie des malades ne présentant pas de caractère d’urgence. Puis, après une longue attente, elle avait été examinée en fin de journée par « un médecin senior expérimenté ». « Les examens étaient strictement normaux », selon le Pr Tazarourte, qui assure que l’examen neurologique et la pression artérielle de la jeune fille étaient normaux. Sa température était de 37,7°C et elle ne vomissait pas lors de son passage aux urgences, ajoute le médecin.

Leana est finalement repartie des urgences ce soir-là avec un nouveau traitement. Les complications qui ont conduit à la mort de l’étudiante auraient-elles pu être diagnostiquées à ce moment-là ? L’enquête, en cours, devra notamment s’attacher à répondre à cette question. Si la procédure au pénal n’aboutit pas, la mère de l’étudiante, soucieuse que Leana « ne meurt pas comme cela, sans que son histoire soit connue », envisage d’entamer une procédure au civil.