La nourriture proposée par les fast-foods modifierait nos gènes et notre système immunitaire

ALIMENTATION Déjà pointée du doigt pour son déséquilibre nutritionnel, la nourriture proposée par la restauration rapide aurait également un effet nocif sur notre système immunitaire et génétique…

20 Minutes avec agence

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Illustration de la "malbouffe".
Illustration de la "malbouffe". — VIDAL/ISOPIX/SIPA

Les apports excessifs de graisses et de sucres spécifiques aux produits servis dans les fast-foods sont vécus comme une infection par l’organisme.

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Cet effet entraîne toute une série de réactions immunitaires et active certains comportements de nos gènes.

Une ingestion vécue comme une agression

Des chercheurs de l’université de Bonn (Allemagne) se sont penchés sur l’influence d’un régime dit « occidental » – riche en lipides et en glucides et pauvre en fibres – sur l’épigénétique, soit l’utilisation que fait une cellule de certains gènes afin de s’adapter à son environnement. Ils ont nourri des souris avec des produits aux caractéristiques nutritionnelles similaires à ceux de la restauration rapide.

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L’étude, publiée le 11 janvier dans la revue américaine Cell, montre que les apports massifs et continus de corps gras et sucrés sont identifiés par l’organisme comme une infection. Ce régime rend aussi les défenses immunitaires plus agressives à long terme en activant certains gènes.

De graves risques sur la santé

En réaction à l’ingestion de certains aliments, des brins d’ADN normalement inaccessibles se déploient. Ces « capteurs de restauration rapide » sont durablement mis en état d’alerte par les cellules immunitaires. « Le système immunitaire inné a une forme de mémoire », explique le professeur Eicke Latz, principal auteur de l’étude.

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« Après une infection, les défenses du corps restent dans une sorte d’état d’alarme et réagissent même aux plus petits stimuli avec des réponses inflammatoires plus fortes ». Les réponses inflammatoires observées peuvent favoriser le développement accéléré de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

« Dans l’artériosclérose, les dépôts vasculaires typiques sont constitués en grande partie de lipides et de cellules immunitaires », avertissent les chercheurs. « La réaction inflammatoire contribue directement à leur croissance… Conséquences possibles : AVC ou infarctus ».