Moselle: «My 15», une application lancée par l'hôpital pour contacter plus vite le SAMU

APPLICATIONS Sur une initiative du SAMU 57, les urgences se dotent d’une nouvelle arme pour se rendre au plus vite et le plus efficacement possible auprès des victimes…

Gilles Varela
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Interface de l'application My 15, du SAMU. Illustration le 05 03 2018. Strasbourg.
Interface de l'application My 15, du SAMU. Illustration le 05 03 2018. Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le SAMU 57 a lancé en janvier une application « My 15 » qui permet victimes ou aux témoins d’être en contact direct avec le médecin régulateur des urgences et de les géolocaliser.
  • Déjà, quatre autres SAMU en France se sont équipés de ce logiciel qui devrait être amené à se généraliser.

« La télémédecine, c’est l’avenir des urgences, pour le SAMU », explique le docteur et directeur du SAMU 57, François Braun. Rien d’étonnant donc à ce qu’il ait - après une visite en Israël - rapporté en France l’idée d’une application liée à cette problématique. Elle permet aux victimes ou aux témoins d’être en contact direct avec les urgences, d’être géolocalisés et d’envoyer des photos sur demande afin de mieux évaluer la situation.

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Sur cette idée, l’application « My 15 », est à présent développée en Moselle par le CHR Metz Thionville, le SAMU57 et leur fournisseur de logiciel de régulation médicale, Exos. Elle a été lancée véritablement en janvier dans le département. Depuis, cinq SAMU français en sont équipés. Le système est appelé à se généraliser.

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La géolocalisation et la photo, un vrai plus

« My 15 » permet de contacter directement le SAMU, d’être géolocalisé avec une précision de moins de 10 mètres et de communiquer ses informations personnelles médicales. Pratique lorsque l’on est blessé dans une forêt ou sur une autoroute. Le tout sans interface : « C’est direct, et les données restent stockées dans le téléphone ».

Les personnes, une fois l’application téléchargée, peuvent renseigner les informations concernant leur santé, traitement, allergies… qui ne sont envoyées qu’en cas d’appel. « Ce qui est aussi intéressant, c’est l’intégration totale à l’outil informatique du SAMU. C’est comme un appel au 15, toutes les informations apparaissent directement », rassure François Braun.

Autre avantage, la possibilité d’envoyer une image : « Lorsque l’on nous appelle pour une lésion, une coupure au doigt, il peut être important de prendre une photo, car dans la panique, on a parfois beaucoup de mal à comprendre s’il s’agit d’une plaie au niveau du doigt, de la main ou si la victime s’est sectionné complètement un doigt ou une main. Avec pour conséquence, plus du tout la même orientation du patient. »

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Et bientôt des vidéos

Pour l’instant, l’application compte 17.000 téléchargements, et quelques appels par semaine via l’appli aux SAMU des quatre départements équipés. Les médecins traitants seront bientôt informés plus largement de son existence et le SAMU réfléchit déjà à d’autres évolutions, comme la double localisation, afin de définir le sens de déplacement de la victime avec un point précédent, une information très importante et utile sur les autoroutes par exemple. Il devrait aussi être possible d’envoyer des vidéos.

« Mais nous avançons pas à pas, car tout cela fait partie du dossier médical, précise François Braun. Les photos sont numérisées, intégrées au dossier médical du patient. Cela nécessite d’être bien clair avec ce que l’on fait de ces informations. »