«Addiction» aux jeux vidéo: Les éditeurs remettent en cause la classification de l'OMS

GAMING Les éditeurs de jeux vidéo veulent convaincre l’Organisation mondiale de la santé de ne pas considérer l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie…

20 Minutes avec agences

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Illustration: Un homme joue à un jeu vidéo.
Illustration: Un homme joue à un jeu vidéo. — ISOPRESS/SIPA

L’addiction aux jeux vidéo est-elle une maladie ? Les grandes fédérations d’éditeurs de jeux vidéo ont appelé ce jeudi l’ Organisation mondiale de la santé (OMS) à revenir sur sa décision.

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Selon l’organisme, le « trouble du jeu vidéo » se caractériserait par un comportement anormal lié aux jeux vidéo, dont la place dans la vie de l’individu grandit au détriment de ses autres activités. Selon les experts, un individu doit montrer une addiction anormale au jeu pendant au moins un an avant d’être diagnostiqué comme souffrant de ce trouble.

Un nouveau trouble controversé

« L’opposition mondiale à la classification controversée et non démontrée de l’OMS du ''trouble du jeu vidéo'' continue de s’étendre », relève Simon Little, directeur général de la Fédération européenne des éditeurs de jeux vidéo dans un communiqué. « Le processus de l’OMS manque de transparence et de soutien scientifique objectif. Nous insistons sur la nécessité d’y mettre fin ».

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Cet appel des éditeurs rassemble également les représentants du secteur aux États-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud, en Corée du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ils s’appuient sur un article à paraître selon eux en mars dans la revue scientifique Journal of Behavioral Addictions, dans laquelle 36 chercheurs remettent en cause la décision de l’OMS.

« Un concept relativement nouveau »

« Le trouble du jeu vidéo est un concept relativement nouveau et les données épidémiologiques dans la population n’ont pas encore été rassemblées », soulignait déjà un porte-parole de l’OMS en janvier. Mais « les experts de la santé sont d’accord pour dire qu’il y a un problème » et que la prochaine inclusion du « gaming disorder » dans la Classification internationale des maladies (CIM) est une étape « appropriée ».

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L’OMS ne met pas en cause la pratique ludique du jeu vidéo mais souhaite alerter sur les comportements déviants. « Le jeu peut devenir un comportement addictif par l’intermédiaire du ''gameplay'', les mécanismes de gratifications et récompenses, la captation de l’attention […] C’est le but de tous les jeux mais dans les situations addictives, cela devient problématique », expliquait en novembre dans Sciences et Avenir le docteur Bruno Rocher, psychiatre addictologue au CHU de Nantes.