VIDEO. Vague de froid: Tombe-t-on plus malade quand les températures sont glaciales?

N'OUBLIE PAS TON BONNET Qui dit chute du thermomètre, dit hausse des maladies infectieuses et virales, mais ce n’est pas forcément la faute du froid…

Anissa Boumediene
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Ce n'est pas le froid en lui-même qui rend plus malade, le manque d'aération de son intérieur favorise la propagation des microbes.
Ce n'est pas le froid en lui-même qui rend plus malade, le manque d'aération de son intérieur favorise la propagation des microbes. — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA
  • Une vague de froid sévit actuellement sur l’ensemble de la France.
  • Les maladies infectieuses ont tendance à être en hausse quand les températures chutent.
  • Pourtant, ce ne serait pas entièrement à cause du froid si l’on tombe plus malade.

La France grelotte. Une vague de froid sibérien sévit actuellement sur la France. Résultat : ce lundi, les températures sont glaciales et, sur la majorité du pays, elles ne dépassent pas les zéro degrés. Un froid polaire accentué par le Moscou-Paris, ce vent de nord-est venu de Russie, qui nous refroidit encore plus avec des températures ressenties pouvant atteindre les -15 degrés.

Qui dit chute des températures, dit hausse des maladies infectieuses, au rang desquelles figurent grippe, rhino-pharyngite, rhume et autres gastro-entérite qui ont le don de nous empoisonner l’hiver. Mais est-ce le froid qui nous rend malades ?

« Mettre un bonnet et une écharpe »

A tous les esprits inconscients que l’on croise le matin, vêtus d’un petit manteau fashion et qui se baladent tête nue et cou à l’air : vous avez tort de ne pas vous couvrir !

« Quand il fait très froid, il faut bien évidemment s’habiller chaudement, mais surtout ne pas oublier de mettre un bonnet ou un chapeau, parce que 30 % de la déperdition de chaleur du corps se fait par la tête », explique le Dr Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la Fédération des Médecins de France (FMF). On n’oublie pas non plus de mettre une écharpe. « Il faut réchauffer l’air qui rentre dans les bronches, à travers son écharpe ou, à défaut, à travers sa main placée devant la bouche, poursuit le médecin. Un air trop froid les fragilise et diminue les défenses immunitaires ».

 

Et quand les températures ressenties frisent par endroits les -15 degrés, on pense aussi à s’habiller non pas en fonction de son bureau bien chauffé, mais en fonction du quart d’heure de marche dehors dans le froid qu’il faudra faire avant d’arriver au bureau. On adopte donc la technique de l’oignon, qui consiste à multiplier les couches de vêtements. Par exemple en portant deux pulls fins plutôt qu’un gros et, au besoin, en retirer un une fois qu’on est bien au chaud.

 

Aérer son intérieur même s’il fait très froid

Mais est-ce le simple fait de ne pas être assez couvert qui peut nous rendre malades ? Pas complètement. Le plus redoutable dans la transmission des virus, c’est le confinement, cette tendance que l’on a à ne pas mettre un orteil dehors et à rester bien au chaud chez soi. Une pratique largement compréhensible, mais qui peut favoriser à elle seule la propagation des virus. « Si l’on reste chez soi, dans des pièces pas suffisamment aérées et en compagnie de personnes – conjoint, enfants, proches — eux-mêmes malades, c’est la combinaison imparable pour tomber malade à son tour », souligne le Dr Hamon. Pour éviter cela, « il faut chaque jour aérer son intérieur, même s’il fait très froid et que les conditions anticycloniques – froid sec et grand ciel bleu — mènent à un épisode de pollution atmosphérique, insiste le médecin. Il ne faut pas y déroger : l’air intérieur est globalement toujours plus pollué que dehors ».

On n’oublie pas non plus les mesures de bon sens qui valent en particulier durant la période hivernale, propice aux épidémies virales. « Lavage très régulier des mains et mouchoirs à usage unique sont de rigueur », rappelle le Dr Hamon.

Bien manger et ne pas boire n’importe quoi

Une fois n’est pas coutume, durant la vague de froid, on a droit à une petite dérogation pour manger (un peu plus) gras. « Là, on a le droit de manger raclette et pot-au-feu sans culpabiliser, plaisante le Dr Hamon. Consommer des aliments un peu plus riches en calories, de l’ordre de 7 calories au gramme, permettra à l’organisme de lutter contre le froid ».

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Et comme il ne s’agit pas non plus de tirer un trait sur une alimentation saine et équilibrée, après la raclette, on misera sur les fruits et légumes frais pour s’assurer un apport suffisant en vitamines, qui boosteront l’organisme.

Mais il faut aussi être vigilant au contenu de son verre. Pas question de boire n’importe quoi au (faux) prétexte que cela réchauffe. Ainsi, si quelques irréductibles persistent à le croire, « consommer des boissons alcoolisées ne réchauffe pas du tout, c’est même l’inverse, assure le Dr Hamon. L’alcool va dilater les vaisseaux extérieurs, ce qui va refroidir le corps et pousser l’organisme à transporter la chaleur vers l’extérieur du corps. Idem pour le café, complète le médecin. Mieux vaut miser sur les soupes et les bouillons ». Et l’eau, à température ambiante, restera la boisson à privilégier.