Les gels antibactériens seraient de moins en moins efficaces pour lutter contre les infections

ETUDE Une bactérie à l’origine d’infections nosocomiales résisterait désormais aux solutions hydroalcooliques justement destinées à l’éliminer…

20 Minutes avec agence

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Les gels hydroalcooliques seraient de moins en moins efficaces selon une étude. Illustration.
Les gels hydroalcooliques seraient de moins en moins efficaces selon une étude. Illustration. — Zeppelin / Sipa

On savait déjà que des bactéries dangereuses étaient capables de résister aux antibiotiques. Mais certains de ces organismes seraient désormais insensibles aux effets des solutions hydroalcooliques (SHA), selon une étude publiée le 28 janvier dernier sur  bioRxiv.

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Ces gels antibactériens sont très largement utilisés en milieu hospitalier pour éviter les infections nosocomiales. Or, c’est précisément une bactérie de ce type qui s’est révélée résistante aux SHA.

Une résistance multipliée par dix entre 1997 et 2015

Elle s’appelle Enterococcus faecium. Entre 1997 et 2015, sa tolérance à l’alcool aurait été multipliée par dix. Les chercheurs de l’université de Melbourne (Australie) ont analysé différentes versions de la bactérie prélevées en milieu hospitalier entre ces dates. Et l’étude des 193 échantillons montre que les organismes les plus récents présentent une membrane plus résistante à l’alcool.

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L’Enterococcus faecium se serait adaptée pour lutter contre l’action de ces gels recommandés au personnel soignant pour leur efficacité supérieure aux savons dans l’élimination des bactéries. En près de 20 ans, le nombre d’infections liées à cette bactérie aurait ainsi été multiplié par cinq, note l’étude.

« Elles trouvent toujours le moyen d’évoluer »

« C’était probablement naïf de penser que les “super-bactéries” ne seraient pas en mesure de s’adapter aux désinfectants à base d’alcool. Quand on considère tout ce que nous avons introduit pour tenter de combattre les bactéries, on voit qu’elles trouvent toujours le moyen d’évoluer pour les contourner », résume Matthew O’Sullivan, de l’université de Sydney (Australie), cité par New Scientist.