Alcool: Une consommation excessive pourrait constituer un facteur de risque de démence

ETUDE Le lien de causalité n’a pu être prouvé, mais plus de la moitié des cas de démence précoce sont associés à l’alcool, dont la consommation excessive endommagerait le cerveau…

20 Minutes avec agences
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Illustration alcool, bière.
Illustration alcool, bière. — KROD/WPA/SIPA

Consommer de l’alcool en quantités importantes et fréquemment contribuerait à augmenter le risque de démence. Tous les types de ce syndrome seraient concernés mais le phénomène serait encore plus flagrant en matière de la démence précoce, c’est-à-dire apparaissant avant 65 ans.

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Plus de la moitié des cas de ces troubles spécifiques des fonctions cérébrales ont ainsi un rapport avec l’alcool, selon une étude publiée le 20 février dans la revue scientifique Lancet Public Health.

Un risque trois fois plus élevé

Sur plus de 57.000 cas de démences précoces observés en France entre 2008 et 2013, 39 % étaient directement attribuables à des dommages cérébraux liés à l’alcool (39 %) et 18 % accompagnés d’une consommation excessive (18 %).

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L’institut de recherche public français (Inserm) et l’entreprise Translational health economics network (Then) ont également montré qu’une personne consommant de l’alcool en quantités excessives présentait un risque trois fois plus élevé de démence de tout type.

Quarante-sept millions de personnes touchées

« Le lien entre la démence et l’alcool nécessite des recherches supplémentaires mais résulte probablement du fait que l’alcool cause des dommages permanents au cerveau. (…) Une consommation importante d’alcool devrait être reconnue comme un facteur de risque majeur pour tous les types de démence », a estimé Michaël Schwarzinger, co-auteur de la première étude.

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Bien que des spécialistes rappellent que les travaux n’ont démontré aucun lien de causalité, le scientifique se dit en faveur d’un dépistage des consommations excessives d’alcool. Environ 47 millions de personnes sont atteintes de démences dans le monde, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 60 à 70 % souffrant de la maladie d’Alzheimer.