VIDEO. Télémédecine: A quoi ressemble une cabine de téléconsultation médicale?

REPORTAGE Chez Icade, depuis un an et demi, une «Consult station» permet aux collaborateurs d'obtenir un rendez-vous médical, dans la journée, sans quitter le bureau...

Oihana Gabriel

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On a testé la Consult station, innovation imaginée par H4D pour proposer dans les entreprises et les déserts médicaux des téléconsultations médicales.
On a testé la Consult station, innovation imaginée par H4D pour proposer dans les entreprises et les déserts médicaux des téléconsultations médicales. — 20 Minutes
  • Le gouvernement veut miser sur la télémédecine pour lutter contre la désertification médicale.
  • Depuis quelques mois, la start-up H4D propose à certaines grosses entreprises de tester une cabine médicale connectée.
  • Pratique et prometteuse, cette « Consult station » apprend à chacun à prendre sa tension… et chercher sa gorge tout en échangeant avec un généraliste en direct.

Comment éviter de partager ses microbes avec les 68 collègues de l’open-space quand son médecin traitant est seulement disponible dans une semaine ? Au siège social d’Icade, groupe immobilier, installé à Issy-les-moulineaux (Hauts-de-Seine), une petite cabine blanche permet au millier de salariés de consulter à distance un généraliste… dans l’heure !

« Consulter un médecin sur son lieu de travail, c’est juste une bénédiction », s’exclame Jérôme Lucchini, directeur général adjoint d’Icade santé. Aujourd’hui, une quarantaine de ces « Consult station » ont pris place dans de grandes entreprises. Pratique quand on souhaite se procurer un certificat d’aptitude pour un marathon ou vérifier que ce petit rhume n’est pas un début de grippe… « Le temps moyen d’attente pour prendre rendez-vous chez un généraliste tourne autour de quatre jours, rappelle Franck Baudino, président fondateur de H4D, entreprise qui a mis au point cette cabine médicale connectée. Selon une étude de satisfaction, 96 % des patients recommandent le dispositif, simple d’usage et professionnel. »

« On mène un interrogatoire classique »

20 Minutes a donc testé cette innovation prometteuse… Un peu déroutant d’abord de rentrer dans cette étroite cabine impersonnelle qui parle. Première étape : sélectionner la langue choisie, français ou anglais. Puis une voix vous demande de glisser votre carte de sécurité sociale et d’accepter les conditions pour mener cette téléconsultation. Rapidement, un médecin, casque aux oreilles apparaît sur l’écran en face de vous tandis qu’une caméra en hauteur vous filme. « On mène un interrogatoire classique : antécédents, allergies, traitements, symptômes », liste Jérémie Brissard, généraliste à Caen (Calvados), formé et à l’aise avec cette petite révolution qu’il utilise depuis un an.

Une fois installée dans le fauteuil, le médecin apparaît sur l'écran et commence l'interrogatoire habituel.
Une fois installée dans le fauteuil, le médecin apparaît sur l'écran et commence l'interrogatoire habituel. - O. Gabriel / 20 Minutes

Pas évident de trouver son fond de gorge…

En fonction de vos problèmes, le médecin va vous proposer de tester les objets connectés à l’ordinateur du praticien. « Certains sont connus, comme le stétoscope, d’autres ont été inventés pour la cabine, comme ce dermatoscope, caméra macro pour examiner les grains de beauté », reprend le Dr Brissard. Qui me propose de prendre ma tension. Pas évident de bien serrer le tensionmètre avec une seule main, mais le médecin me guide calmement. Plus technique, on passe maintenant à l’examen de mon fond de gorge. Armée d’un abaisse-langue en bois, j’essaie d’introduire la petite lumière tout en découvrant à l’écran mon palais un poil flou…

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Un « partenariat » entre patient et médecin

Rien d’insurmontable pour autant, et en demi-heure, on peut faire un check-up complet et échanger avec un généraliste quel que soit son problème. Et repartir si besoin avec une ordonnance. La téléconsultation en entreprise « n’est pas là pour concurrencer les généralistes, mais vient en complémentarité », rassure le fondateur d’H4D. D’ailleurs, on peut réserver un rendez-vous dans la « Consult station » sur l’intranet de l’entreprise pour les prochaines 48 heures maximum. Et on repart de la téléconsultation avec deux bilans médicaux : l’un pour soi, l’autre à envoyer à son médecin traitant.

« On n’a pas le contact physique, mais la téléconsultation exige une bonne coordination et une confiance entre le médecin et le patient, souligne le Dr Brissard. Le patient, qui fait lui-même les mesures, n’est pas passif. Ce partenariat nous demande beaucoup de concentration, d’attention et d’explications. »

« La cabine participe de la qualité de vie au travail »

Icade a été la première société à tester la cabine médicale connectée. Dans un premier temps, le collaborateur pouvait réaliser un check-up complet seul. Et depuis un an, chacun peut échanger avec un médecin.

« On est convaincu de l’utilité de cette cabine de téléconsultation, elle participe de la qualité de vie au travail, avance Jérôme Lucchini. Et les progrès qu’on a pu faire pour l’entreprise peuvent servir pour les déserts médicaux. Sur la télémédecine, les mentalités changent. » Reste qu’Icade débourse 3.000 euros par mois et que ce sont les mutuelles qui remboursent intégralement les téléconsultations aux collaborateurs.

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Le remboursement, condition sine qua non pour les déserts médicaux

Un modèle économique impossible à appliquer pour les déserts médicaux. La start-up suit donc de très près  les négociations entre l'assurance-maladie et les médecins lancées mi-janvier. H4D est déjà en pourparlers avec plusieurs villages et collectivités qui veulent s’équiper. Car si le gouvernement souhaite miser sur la télémédecine pour lutter contre les déserts médicaux, il faudra voir qui pourra bénéficier d’un remboursement et à quel tarif…