Rapport de la Cour des comptes: Des propositions pour lutter contre l'«hésitation vaccinale»

SANTE PUBLIQUE Le rapport public annuel de la Cour des comptes, présenté ce mercredi, détaille plusieurs propositions pour « renforcer la confiance » dans les vaccins…

20 Minutes avec AFP

— 

Vaccination contre la grippe à Lille

Vaccination contre la grippe à Lille — M. Libert

Vacciner c’est bien, réconcilier les Français avec la vaccination c’est encore mieux. Dans son rapport public annuel dévoilé ce mercredi, la Cour des Comptes est curieusement sortie de son habituel rôle de « contrôleur de gestion » pour plaider en faveur d’une politique vaccinale ambitieuse.

Dans le volet « La politique vaccinale : un enjeu de santé publique, une confiance à conforter » du rapport, les sages de la rue Cambon saluent le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier comme une « clarification nécessaire ». Mais la mesure n’est selon eux pas suffisante.

Carnet de vaccination électronique

Elle « doit impérativement s’inscrire dans une stratégie d’ensemble plus large pour conforter durablement la confiance », juge la Cour, en formulant des recommandations.

D’abord, « généraliser le carnet de vaccination électronique » pour disposer d’un « outil informatisé de suivi du statut vaccinal ».

Ensuite, « ouvrir plus largement aux professionnels de santé », aux infirmiers, aux pharmaciens, la possibilité de vacciner. La vaccination contre la grippe en pharmacie pour les personnes à risques est actuellement expérimentée dans deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes).

La Cour préconise d'« impliquer activement la médecine scolaire dans la vaccination » et d’obliger les professionnels de santé à se vacciner contre la grippe.

Lutter contre les fausses rumeurs sur les réseaux sociaux

Enfin, elle insiste sur la nécessité « d’une présence plus forte et plus réactive sur les réseaux sociaux ». Le but : lutter contre un « climat anxiogène sur la vaccination » dû aux «rumeurs et polémiques (…) amplifiées par les médias sociaux et souvent accompagnées d’un discours "complotiste" ». Elle suggère de confier cette mission à la Haute Autorité de santé (HAS).

La Cour des comptes juge que par le passé, « la mobilisation des pouvoirs publics a manqué de réactivité et de force » pourcontrer un phénomène d'«hésitation vaccinale» plus marqué en France qu'ailleurs.

>> A lire aussi : Vaccination. Retour sur cinq polémiques qui ont semé le doute chez les patients

« Les plans successifs visant à relancer la politique vaccinale n’ont débouché que sur des mesures partielles, mal coordonnées, insuffisantes pour renforcer suffisamment l’adhésion vaccinale », estime-t-elle.

L’argument premier du gouvernement pour augmenter le nombre de vaccinations obligatoires est la baisse du taux de couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies.

>> A lire aussi : Histoire de la médecine. Les étonnantes origines de la vaccination, une pratique qui a toujours été polémique