Grossesse: La prise d'ibuprofène aurait un impact sur la fertilité des futures filles

MEDICAMENT La substance anti-inflammatoire franchit la barrière placentaire et expose ainsi la mère et le fœtus à la même quantité de médicament...

20 Minutes avec agence

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Une femme enceinte de sept mois. Illustration.
Une femme enceinte de sept mois. Illustration. — C. Delahaye / Sipa

Les bébés de sexe féminin dont la mère a consommé de l’ibuprofène pendant qu’elle était enceinte présenteraient un risque accru de rencontrer des problèmes de fertilité à l’âge adulte.

L’exposition in utero à cet anti-inflammatoire non-stéroïdien au cours du premier trimestre de la grossesse inquiète les scientifiques. Or 30 % des futures mères auraient recours à l’ibuprofène pendant les trois premiers mois de leur grossesse, d’après des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Rennes (Ille-et-Vilaine) et dont l’étude a été publiée ce vendredi dans Human Reproduction.

La mère et le fœtus exposés au même dosage

Pour faire la lumière sur les effets à long terme de l’ibuprofène, les scientifiques ont analysé les tissus ovariens de 185 fœtus dont la mère avait fait le choix d’une interruption volontaire de grossesse entre la septième et la 12e semaine de développement.

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Les résultats ont montré que le médicament franchissait la barrière placentaire et exposait le fœtus et la mère au même dosage de la substance. Avec pour conséquence observée un impact sur les cellules jouant un rôle dans la formation des follicules des ovaires.

Risques de ménopause précoce et d’infertilité

Ainsi, en présence d’ibuprofène, ces cellules meurent ou se développent et se multiplient plus lentement que chez les fœtus non exposés au médicament.

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« Il y avait des effets significatifs après sept jours d’exposition à l’ibuprofène et nous avons constaté la mort cellulaire dès deux jours de traitement. Cinq jours après l’arrêt du médicament, ces effets nocifs n’étaient pas complètement inversés. Une réserve initiale mal stockée de follicules se traduira par une durée de vie reproductive raccourcie, la ménopause précoce ou l’infertilité, des événements qui se produisent des décennies plus tard dans la vie », résume Séverine Mazaud-Guittot, auteure principale de l’étude.