Hospitalisations, surinfections, antibiorésistance... Des médecins alertent sur la surconsommation d'antibiotiques

MEDICAMENTS A cause d’une antibiorésistance en augmentation, des infections pourtant communes peinent à être soignées et entraînent un nombre croissant d’hospitalisations…

20 Minutes avec agence

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Des antibiotiques.
Des antibiotiques. — Philippe Huguen AFP

Des associations de malades et des médecins pointent du doigt, ce jeudi, la surconsommation d’antibiotiques et l’antibiorésistance. Près d’un tiers de ces médicaments sont prescrits contre des pathologies qu’ils ne peuvent soigner. Avec pour conséquence une impossibilité de lutter contre certaines infections pourtant communes.

Dans leur appel relayé par Le Parisien, les professionnels de la santé expliquent que les séjours à l’hôpital pour la prise en charge de tels cas et le traitement de surinfections sont en augmentation. Ils s’appuient pour cela sur une étude réalisée par Sirius Health en décembre dernier et qui montre par exemple que le nombre d’hospitalisations pour des infections cutanées a augmenté de 5 % entre 2014 et 2016.

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Prescrire sur des durées plus courtes

Dans leur inquiétude, les auteurs du cri d’alerte sont rejoints par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’institution internationale a annoncé ce lundi que les derniers chiffres collectés par son Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens révélaient « des niveaux élevés de résistance à plusieurs infections bactériennes graves, tant dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ».

Les antibiotiques ont sauvé des millions de vies mais il conviendrait désormais de ne les prescrire que dans les situations où ils sont réellement adaptés et sur des durées plus courtes. Et ce quelle que soit la pression exercée par les patients ou, dans le cas de pathologies infantiles, par les parents.

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Pour cela, « seule une véritable volonté politique peut faire changer les mentalités », estime le président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon.