Autisme: La prise en charge et les progrès sont «insuffisants» selon la Cour des comptes

RAPPORT 700.000 personnes sont pourtant concernées par l’autisme en France…

20 Minutes avec agences

— 

La Cour des comptes juge insuffisante la gestion et la prise en charge de l'autisme en France (Illustration).
La Cour des comptes juge insuffisante la gestion et la prise en charge de l'autisme en France (Illustration). — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Le président de la Cour des comptes, Didier Migaud a présenté au comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) de l’Assemblée nationale, les conclusions des Sages sur la gestion des troubles du spectre de l’autisme (TSA) en France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat est inquiétant.

De nombreuses lacunes

Selon la Cour des comptes, l’autisme, ce trouble neuro-développemental qui peut altérer le comportement social, la communication et le langage, frappe désormais « environ 1 % de la population ». Sur cette base, elle estime à 700.000 le nombre de personnes concernées en France : 100.000 jeunes de moins de 20 ans et près de 600.000 adultes, même si le nombre d’adultes aujourd’hui identifiés s’établit seulement à « environ 75.000 ».

>> A lire aussi : VIDEO. Un enfant sur deux autiste en 2025 ? C'est faux

« Les progrès réalisés dans la prise en charge des enfants, mais surtout des adultes, sont insuffisants », explique la Cour des comptes qui souligne que ces derniers « constituent un enjeu prédominant ». Selon les Sages, « le diagnostic des adultes demeure très insuffisant » et « les composantes de l’offre de soins et d’accompagnement sont très mal connues ».

Le rapport préconise donc le déploiement de programmes de diagnostic et un inventaire de l’offre, ainsi qu’une « utilisation plus homogène d’échelles de mesure de la sévérité des troubles ».

Problèmes de places

Pour les enfants, « un consensus s’est progressivement dégagé en faveur d’interventions individualisées, aussi précoces que possible » et en lien étroit avec les parents. Mais ces recommandations n’ont été mises en place de manière documentée que pour 15 % environ des enfants qui en ont besoin.

>> A lire aussi : La vitamine B9 protégerait contre le risque d’autisme chez le bébé

Enfin, la création de places d’hébergement ou de services demeure bien inférieure aux besoins et de nombreux parents n’ont d’autres choix que de se tourner vers les d’autres pays. Pourtant, la prise en charge des TSA a fait l’objet de trois plans pluriannuels depuis 2005 et un quatrième est en préparation.

Mais l’effet cumulé de ces plans n’aura permis, à la fin 2016, que « la création de plus de 7.500 places nouvelles par rapport à 2008, soit un rythme annuel de 937 places nouvelles », estime la Cour. C’est « un peu moins de la moitié de l’effort attendu ».