Bordeaux: La société Immersion au cœur d’un projet de prothèse de genou connectée

INNOVATION La société bordelaise Immersion, spécialiste de la 3D et de réalité augmentée auprès des industries, fait partie du projet FollowKnee, qui vise à imprimer une prothèse de genou connectée...

Mickaël Bosredon
— 
Le projet FollowKnee permet au chirurgien d'installer une prothèse du genou connectée grâce à la réalité augmentée
Le projet FollowKnee permet au chirurgien d'installer une prothèse du genou connectée grâce à la réalité augmentée — Immersion/anaelb.com
  • Le projet FollowKnee a été présenté mardi et entend anticiper l'explosion à venir du marché de la prothèse du genou.
  • La société bordelaise Immersion en est partie prenante grâce à ses outils de 3D et de réalité augmentée.

Une prothèse de genou connectée sur mesure, qui sera imprimée en 3D à partir d’un scanner fait sur le patient : c’est tout l’enjeu du projet FollowKnee, présenté mardi par le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Brest. Lancée à l’origine par le Laboratoire de traitement de l'information médicale (Latim) de Brest, cette innovation associe la société bordelaise Immersion.

« L’idée est de révolutionner la chaîne de l’opération du genou, jusqu’à son traitement post-opératoire, pour permettre de suivre le patient de manière ambulatoire » explique Julien Castet, en charge de la recherche chez Immersion.

Pendant la phase d’impression de la prothèse, « on va mettre des tout petits capteurs qui vont permettre de suivre le fonctionnement de cette prothèse une fois qu’elle sera en place et de détecter le plus tôt possible une éventuelle petite anomalie » explique de son côté le professeur Eric Stindel, directeur du Latim.

Muni d’un casque, le chirurgien verra les informations s’afficher en 3D

Les patients munis de ces prothèses pourront récupérer via leur téléphone multifonction les informations relatives à leur appareil. Ils pourront ensuite les transférer à leur kinésithérapeute et/ou chirurgien pour des conseils sur les exercices à pratiquer ou pour rechercher d’éventuelles infections, parfois associées à ce type d’intervention chirurgicale.

La pose de la prothèse se fera grâce à la technologie de la réalitée augmentée : plutôt que de suivre le déroulé de l’opération sur un moniteur, le chirurgien, muni d’un casque de réalité augmenté, verra toutes les informations dont il a besoin s’afficher directement sur le genou du patient en 3D, ce qui permettra de faciliter son travail. C’est de cette partie du projet dont Immersion est chargée.

Un marché qui devrait progresser de 600 % d’ici à 2030

« Mais on ne s’arrête pas là, poursuit Julien Castet : partant du principe que l’opération ne concerne pas que le chirurgien, mais des assistants et d’autres professionnels de santé, nous allons développer un partage des informations liées à l’opération, sur une plateforme tactile via notre technologie Shariiing. »

En 2016, 80.000 prothèses de genou ont été implantées en France et ce chiffre va augmenter de manière drastique dans les années qui viennent, avec une progression de 600 % d’ici à 2030. « Cela est dû au vieillissement de la population évidemment, mais aussi à l’augmentation de l’obésité, et au fait que de plus en plus de patients veulent continuer à vivre normalement après une opération, et notamment continuer à faire du sport » précise Laëtitia Richez, responsable de la communication chez Immersion.

250 patients dans un premier temps

Ce projet pourrait notamment viser particulièrement le marché nord-américain, très touché par le phénomène. D’un montant de 24 millions d’euros, dont un tiers apporté par l’Etat, celui-ci vise à obtenir d’ici cinq ans un produit commercialisable avec une évaluation clinique des résultats.

D’ici trois ans, des prothèses de genou seront réalisées en 3D et implantées sur 250 patients. Ensuite, les prothèses seront dotées de capteurs et testées sur 30 personnes.