VIDEO. Un tribunal américain a-t-il fait un lien entre l'autisme et le vaccin ROR ?

FAKE OFF Contrairement aux apparences, les juges n'ont pas établi de lien entre les vaccins reçus par le petit Ryan et les troubles du spectre autistique...

Mathilde Cousin

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Non, un tribunal américain n'a pas " avoué " que le vaccin ROR cause l'autisme.
Non, un tribunal américain n'a pas " avoué " que le vaccin ROR cause l'autisme. — DURAND FLORENCE/SIPA
  • Selon plusieurs sites, des « tribunaux » ont « avoué que les vaccins ROR causent l’autisme ».
  • Ces sites relatent l’histoire de Ryan Mojabi, un garçon qui a reçu une compensation financière de la part d’un tribunal américain.
  • Les parents de Ryan soutenaient que les vaccins avaient créé les troubles du spectre autistique et l’asthme de leur fils.
  • Le tribunal n’a pas reconnu le lien entre ces troubles et la vaccination.

Depuis le 1er janvier, onze vaccins sont devenus obligatoires en France. Est-ce pour cette raison qu’une décision de justice, vieille de cinq ans, ressurgit en ce début d’année sur les réseaux sociaux ?

« Les tribunaux avouent enfin que les vaccins ROR causent l’autisme », écrit le site Eddenya, relançant un (faux) lien entre la vaccination et l’autisme.

Selon Eddenya, Ryan Mojabi, un garçon âgé de dix ans, a reçu une compensation financière de la part du « programme de compensation national des blessures de vaccin », géré par l’Etat américain. L’enfant a reçu cette compensation suite « à la détermination du rapport entre sa vaccination et son atteinte par le Trouble du spectre autistique (TSA). »

FAKE OFF

En réalité, ce tribunal américain n’a pas reconnu le lien entre l’autisme et les vaccins reçus par le petit Ryan. La juridiction a établi que le garçon a souffert d’une encéphalopathie, « cinq à quinze jours » après avoir reçu la première injection du vaccin ROR.

Les parents soutenaient que, suite aux deux injections du vaccin ROR reçues par Ryan, le garçon avait souffert « d’asthme et de troubles du spectre autistique », un lien qui n’a pas été retenu par le tribunal. Le médecin de la famille de Ryan, entendu par le tribunal, se souvient que les parents ne sont inquiétés de troubles du langage et de modification du comportement de Ryanuniquement à partir de des deux ans. Or, Ryan avait onze mois quand il a reçu sa première injection du ROR.

Ce programme de compensation a été créé dans les années 1980, quand des actions en justice contre des entreprises et du personnel de santé « menaçaient de créer une pénurie de vaccins et réduire les taux de vaccination aux Etats-Unis, ce qui aurait créé une résurgence de maladies évitables grâce à la vaccination », explique l'administration américaine.

Une compensation possible, même si le lien entre la maladie et le vaccin n’est pas reconnu

Un plaignant peut obtenir une compensation financière quand il est devenu malade quelques temps après avoir reçu un des vaccins couverts par ce programme. Toutefois, et il est important de le souligner, un plaignant peut recevoir une compensation financière, même si le juge ne reconnaît pas le lien entre la maladie et le vaccin. Recevoir une compensation ne signifie donc pas automatiquement que le lien entre la maladie et le vaccin a été établi par la justice. Dans le cas du petit Ryan, le lien entre l’autisme et la vaccination n’a pas été établi.

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