VIDEO. Maladies de l’hiver: Comment différencier grippe, rhume et bronchite?

MEDECINE Pas évident de savoir si vous souffrez d’un banal rhume ou d’une coriace grippe. « 20 Minutes » fait le tour des ressemblances et différences entre rhume, grippe et bronchite…

Oihana Gabriel

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Illustration d'une jeune femme souffrant de la grippe.

Illustration d'une jeune femme souffrant de la grippe. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • En ce mois de janvier, les virus attaquent et les patients ne savent pas toujours s'il s'agit d'un gros rhume, d'une grippe ou d'une bronchite. 
  • Durée et traitements parfois semblables, symptômes proches mais moins intenses, quelles sont les différences entre rhume et grippe?
  • Reconnaître ces maladies de l'hiver aident à éviter de poireauter en salle d'attente, d'encombrer les urgences ou à s'automédiquer quand il faut consulter.

« Je me sens mal, mais je ne sais pas ce que j’ai. » C’est une phrase qui revient souvent, surtout en ce mois de janvier. Et qui rappelle combien il est parfois difficile de reconnaître seul un banal rhume inoffensif d’une grippe à surveiller.

Alors que l’épidémie de grippe bat son plein et que les cabinets de généralistes croulent sous les patients et les microbes, quelques informations simples peuvent vous aider à différencier rhume, grippe et bronchite.

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Des symptômes à surveiller

Nez qui coule, toux, fatigue… Si certains symptômes semblables sèment le doute, plusieurs repères distinguent gros rhume et grippe. « Une vraie grippe, ça vous agrippe, vous ne pouvez rien faire pendant trois jours au moins, ça n’a rien à voir avec un rhume où on a le nez pris », tranche Marie-Laure Alby, généraliste à Paris.

La principale différence, c’est la fièvre brutale : en général plus de 38 degrés pour une grippe. « La première chose à faire, c’est de prendre sa température, ce que les trois quarts des Français ne font pas, regrette-t-elle. Pour avoir des données objectives et non un ressenti ! » Autres critères à prendre en compte : la grippe provoque des courbatures, des douleurs dans tout le corps, des frissons, de grosses suées, des maux de tête, une fatigue intense et une toux sèche. « Alors que pour un rhume ou une bronchite, vous coulez de partout », résume la généraliste.

Comment reconnaître la bronchite ? « Vous avez également de la fièvre, mais aussi un encombrement dans les bronches qui se traduit par une toux irritative et productive », résume, président de la Fédération des médecins de France, qui peut provoquer une gêne respiratoire.

Consulter ou non ?

Pour la grippe, oui, pour un rhume banal, non, surtout s’il n’y a pas de fièvre. Mais il faut surtout prendre en compte votre état général. « Un début de bronchite à 95 ans ou une bronchiolite chez un nourrisson, ça suppose une consultation, si vous avez 25 ans et êtes en bonne santé, vous attendez vingt-quatre heures », reprend la généraliste.

Si les gens ont un doute, plutôt que d’encombrer les urgences, il faut prendre rendez-vous chez son médecin généraliste. Histoire de ne pas voir votre état s’aggraver par des heures d’attente aux urgences en pleins courants d’air…

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Traitement et durée

Mauvaise nouvelle, il n’y a pas grand-chose à faire pour mettre fin au rhume comme à la grippe, si ce n’est prendre du repos. Oubliez donc antibiotiques ou médicaments anti-rhume. « On a coutume de dire qu’un rhume bien soigné dure une semaine, mal soigné huit jours », ironise Jean-Paul Hamon. Il rappelle qu’il faut dans les deux cas bien se laver le nez avec du sérum physiologique et faire baisser la fièvre avec du paracétamol. « Et ne pas oublier de s’hydrater, surtout si la fièvre est importante en buvant beaucoup », reprend le médecin.

Même durée pour la grippe : « elle vous met K.-O. une bonne semaine, assure Marie-Laure Alby. Il est vraiment important de s’arrêter de travailler tant que la fièvre ne baisse pas et de demander du soutien à la famille ou aux amis, car certains ne peuvent pas se lever du lit. Quand vous avez un rhume, vous êtes autonome, pas avec la grippe. »

Pour la bronchite, on différencie la bronchite virale, moins grave, d’une surinfection. « Si la fièvre tombe dans la journée et que vous ne crachez pas sale, vous prenez du paracétamol, vous dormez en vous relevant un peu pour limiter la toux la nuit, vous vous nettoyez bien le nez et vous crachez le matin pour expulser les sécrétions accumulées la nuit, conseille la généraliste. Si vous crachez sale et si la fièvre ne baisse pas, surtout si vous êtes un gros fumeur ou asthmatique, il faut consulter un médecin pour un traitement antibiotique, qui suppose un examen préalable. Moi, quand je suppose que j’ai une bronchite, je vais voir mon collègue médecin pour vérifier, car on ne peut pas se diagnostiquer seul ! »

Précautions similaires et vaccin

Comme ces trois maladies sont très contagieuses et se propagent par les voies aériennes (toux, salive, éternuements…), pour les éviter, il faut prendre les mêmes bons réflexes.

« Se laver les mains, c’est valable toute l’année, pas seulement en période de grippe, s’amuse la généraliste. Mais aussi éviter de tousser près des gens et jeter des mouchoirs usagés dans des poubelles fermées et ne pas les mettre autour du lit en attendant que ça diffuse… » Donnée à garder en tête : le virus de la grippe survit huit à douze heures sur les mouchoirs et les vêtements et plusieurs jours sur des surfaces inertes (poignées de porte, plans de travail…).

En revanche, côté prévention, il existe un vaccin contre la grippe, pas contre la bronchite et le rhume. Pourquoi faut-il renouveler ce vaccin chaque automne ? Parce que les virus responsables de la grippe, qui appartiennent à la famille influenzae, évoluent. Et circulent surtout en hiver et au printemps. Alors que les rhinovirus liés au rhume fleurissent toute l’année.