Strasbourg: Une chercheuse en biologie s'attaque aux «terroristes» papillomavirus

SANTE Une chercheuse en biologie alsacienne récompensée pour ses travaux sur le papillomavirus humain, virus à l’origine de nombreux cancers…

Gilles Varela

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Katia Zanier, chercheuse en biologie au CNRS à Strasbourg.
Katia Zanier, chercheuse en biologie au CNRS à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Katia Zanier, chercheuse en biologie au CNRS à Strasbourg est récompensée pour ses travaux sur le fonctionnement des papillomavirus humains.
  • Ce virus est à l’origine de nombreux cancers.

C’est une vraie bataille que livre Katia Zanier, chercheuse en biologie au CNRS à Strasbourg, pour comprendre le fonctionnement du papillomavirus humain à haut risque (HPV). Un virus qui génère des infections génitales et qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer en cancers. Il est notamment responsable de 99 % des cancers du col de l’utérus, mais pas que. Âmes sensibles ou hypocondriaques, passez votre chemin : cancer de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis, il aurait également été démontré récemment que les HPV sont associés à un nombre croissant de cancers de la tête et du cou et plus précisément à 25 % des cancers de l’oropharynx

Le papillomavirus, un véritable terroriste

Voilà pour ce programme alléchant, mais inutile de faire l’autruche. Les HPV figurent parmi les infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes avec 660 millions de personnes touchées dans le monde chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé, et cela malgré les progrès dans le dépistage ou l’introduction de vaccins. Voilà pourquoi, les recherches de Katia Zanier et de son équipe du CNRS et de l’Université de Strasbourg, au sein du Laboratoire biotechnologie et signalisation cellulaire (BSC), prennent toute leur importance.

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Récemment lauréate de la médaille de bronze du CNRS et prix de l’Unistra espoir de la recherche, la chercheuse en biologie ne lâche pas d’un œil l’oncoprotéine E6, une protéine à l’origine de la destruction d’une autre protéine contenu dans les cellules, la p53.

Cette dernière dite « suppresseur de tumeur », protège en temps normal et désactive, autant que possible, les tumeurs naissantes. Pour faire simple, se joue dans la cellule une lutte entre le Yin et Yang. Imaginez, une véritable guerre où « la pE6 identifie sa cible avant de la détruire. C’est une terroriste ! Une activiste qui n’a pour obsession principale que de détruire la p53 », plaisante Katia Zanier.

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Après avoir réussi à visualiser en trois dimensions l’oncoprotéine E6, à connaître sa structure et identifier les deux étapes qui mènent à la destruction de la p53, la chercheuse s’intéresse de plus près à ce qui, dans une tumeur, réussie à rendre inactive la p53, car d’autres mécanismes interviennent dans ce processus.

Et il y a urgence, car les papillomavirus humains sont impliqués dans 5 % des cancers humains dans le monde, sans compter que les mécanismes d’inactivation du « gentil » p53 sur lesquelles portent ses recherches ne sont pas liés qu’aux papillomavirus humains…