VIDEO. Blue Monday: Ce lundi 15 janvier est-il vraiment «le jour le plus déprimant de l'année»?

COUP DE DEPRIME Ce troisième lundi du mois de janvier est le traditionnel théâtre du Blue Monday, proclamé «jour le plus déprimant de l’année»…

Anissa Boumediene

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Pas de soleil, pas d'argent, pas le moral: les ingrédients du Blue Monday, proclamé jour le plus déprimant de l'année.
Pas de soleil, pas d'argent, pas le moral: les ingrédients du Blue Monday, proclamé jour le plus déprimant de l'année. — YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA
  • Ce lundi aura lieu le Blue Monday.
  • Il correspond au troisième lundi de janvier, proclamé « jour le plus déprimant de l’année ».
  • Mythe ou réalité, le Blue Monday colle à cette période de l’année où nombre de Français ont un coup de mou, une fatigue hivernale, que l’on peut facilement contrer pour se sentir mieux.

Crevé ? Envie de rien (à part de nuits de sommeil de quinze heures) ? Au bout du rouleau ? Si, comme dirait Nabilla, vous êtes « au bout de votre vie », pas de panique, vous êtes peut-être simplement l’une des nombreuses victimes du Blue Monday. Ce troisième lundi du mois de janvier, proclamé « jour le plus déprimant de l’année », serait le point d’orgue d’un coup de blues et de fatigue généralisé.

Pourquoi a-t-on les boules durant le Blue Monday ?

Le sapin est à la poubelle depuis un moment, et les décorations déjà remisées au fond du placard. Des réjouissances des fêtes, ne restent aujourd’hui que les preuves de nos abus de foie gras et de bûche, solidement accrochés aux hanches, alors que nos bonnes résolutions de manger plus sainement et se remettre au sport sont déjà en tête de liste de nos échecs 2018.

La météo est pourrie, il fait nuit quand on se réveille le matin, et nuit quand on rentre du boulot le soir. Pour ne rien arranger à l’affaire, le paiement des impôts locaux a tué dans l’œuf tout désir de partir sous les tropiques pendant l’hiver, nous laissant le teint pâle et l’humeur morose. Du coup, faute de pouvoir dépenser pour oublier, même l’arrivée des soldes n’a pas réussi à nous remonter le moral.

« Pour certains, cette période de l’année est compliquée, elle peut marquer le contrecoup d’une phase de stress généré par les fêtes, analyse le Dr Philippe Rodet, médecin urgentiste et auteur de Le bonheur sans ordonnance (éd. Eyrolles). Tous ces paramètres, conjugués à une météo maussade et un contexte financier pas très réjouissant après les achats de Noël, participent d’un sentiment généralisé de moins bien ».

Ce cocktail, qui commence à infuser dès le mois de novembre, nous pousserait alors à l’indigestion de blues en ce troisième lundi de janvier. Une date calculée selon une formule mathématique, pour un concept de Blue Monday mis au jour en 2005 par Cliff Arnall, alors présenté comme psychologue à l’université britannique de Cardiff.

C’est grave docteur ?

Non, on se rassure, le Blue Monday n’est pas une pathologie, c’est même « une opération marketing savamment orchestrée pour laquelle Cliff Arnall a été sollicité, dans le but de faire la promo d’une agence de voyages, rassure le Dr Rodet. C’était pour pousser les gens à la dépense, bien que je doute que dépenser de l’argent que l’on n’a pas forcément soit la voie du bonheur ».

En revanche, ce blues qui s’empare de nombre de gens au mois de janvier est bien réel et correspond souvent à une déprime passagère, ou plutôt saisonnière, due à la fatigue hivernale et « au manque de luminosité, ajoute le médecin ».

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Et pour gâter le tableau, alors que le seuil épidémique a été allègrement franchi, la grippe saisonnière peut encore se rappeler à notre bon souvenir. Mais si on croit au Blue Monday et que l’on essaie de voir le verre à moitié plein, si ce lundi est le jour le plus déprimant de l’année, les jours suivants ne seront que moins plombants !

 

 

Comment surmonter ce Blue Monday ?

Heureusement, on sait désormais que le Blue Monday n'est pas une fatalité et que, en s’occupant un peu de soi et en suivant des bonnes résolutions qui font vraiment du bien, on peut facilement faire la nique à ce coup de blues hivernal. Au Royaume-Uni, où est né ce concept, les Samaritans, une association de soutien aux personnes en détresse émotionnelle, ont ainsi proposé de rebaptiser le Blue Monday (lundi de la déprime) Brew Monday (lundi du thé), pour proposer aux gens en proie au blues hivernal d’organiser des rencontres conviviales ce jour-là autour d’un bon thé. Une idée loin d’être saugrenue : « créer du lien social, favoriser les relations humaines est évidemment source de réconfort et de bien-être », confirme le Dr Rodet.

On peut aussi rebooster sans moral avec le contenu de son assiette et sa paire de baskets. « Quand on n’est pas bien, on a envie de ne rien faire, mais il faut maintenir un peu d’activité physique », prescrit le médecin, pour une dose d’endorphines bienfaitrices à la clé. « Et avec la baisse de luminosité, le corps accuse un déficit de vitamine D, ce qui favorise la dépression saisonnière, avertit le Dr Rodet. Il faut donc privilégier les aliments riches en vitamine D, comme les poissons gras et le foie de morue. Ainsi que les probiotiques, que l’on retrouve dans la choucroute, les cornichons ou encore le pain au levain, détaille le médecin. Certaines souches de probiotiques auraient des vertus pour soigner la dépression, au point que les Canadiens, en pointe sur ce sujet, parlent de "psychobiotiques" ».

Pour se faire du bien, « se projeter dans quelque chose d’agréable a aussi un effet bénéfique. Cela peut être de fractionner ses vacances et de planifier régulièrement de longs week-ends, des petites vacances de trois ou quatre jours, suggère le Dr Rodet. Plutôt que l’attente interminable des longues vacances d’été quand on est au cœur de l’hiver, se concentrer sur des escapades plus rapprochées peut mettre du baume au cœur ».

Autre piste, la pleine conscience et la pensée positive. « Ecouter de la musique en pleine conscience, du Mozart notamment, apaise et réduit la production d’hormones du stress », dévoile le Dr Rodet. Une autre astuce, « qui ne prend que 3 minutes chaque soir avant de se coucher, est de noter dans un petit carnet ce qu’il s’est passé de mal et de bien dans sa journée, les petites choses simples, des petits succès, et on se focalise sur les trois meilleures choses du jour. Cela évite de ressasser dans votre lit ce qui a pu vous contrarier, de cogiter et ainsi peiner à trouver le sommeil, ce qui engendre fatigue et stress qui s’accumulent avec le temps, expose le médecin. C’est bête comme chou, mais ce petit exercice, très simple et rapide, s’apparente à une forme d’hypnose de pleine conscience et permet de se focaliser sur le positif. Sans le moindre médicament, on parvient au fur et à mesure à réduire son stress et augmenter son optimisme et sa confiance en soi ».