Le foie gras n'est pas réserve aux oies et canards, la maladie du foie gras concerne maintenant les Hommes... et se développe.
Le foie gras n'est pas réserve aux oies et canards, la maladie du foie gras concerne maintenant les Hommes... et se développe. — Pixabay

PRATIQUE

Comment prendre soin de son foie après les fêtes?

Après les excès des fêtes de fin d'année, voici quelques conseils pour aider son foie à se remettre en janvier...

  • Manger trop et gras, boire beaucoup… Les fêtes de fin d’année riment parfois avec excès.
  • La maladie du foie gras touche de plus en plus de personnes dans les pays occidentaux.
  • Alimentation, sport, alcool… Quelques bonnes résolutions pour chouchouter cet organe méconnu et pourtant bien utile.

Après sept repas de noël consécutifs, un nouvel an arrosé et juste avant d’enchaîner sur les galettes de janvier, il arrive parfois qu’on s’interroge sur l’état de son foie. Car cet organe plutôt méconnu, tient un rôle de station d’épuration assez essentiel au bon fonctionnement de l’intégralité de notre corps. Et si on profitait de ce mois des bonnes résolutions pour faire connaissance et chouchouter son foie en cinq étapes ?

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Savoir si vous avez un problème et lequel

Si l’on entend un peu parler de cirrhose, cancer du foie, hépatites, ces maladies du foie semblent être le parent pauvre de la prévention. Et mauvaise nouvelle, une nouvelle pathologie se développe : la « maladie du foie gras humain », ou NAFLD (non-alcoholic fatty liver desease), dont la forme la plus grave (NASH, non-alcoholic steato hepatitis) peut conduire à la cirrhose ou au cancer du foie. Selon une étude de 2012 du World Gastroenterology Organisation Global Guidelines, environ 30 % des Américains seraient atteints de NAFLD… et on estime que 10 à 20 % des Français pourraient en souffrir.

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En cause ? Le trio gagnant : trop d’aliments, trop riches et un mode de vie trop sédentaire. « Le foie souffre en silence, prévient le Pr Didier Samuel, auteur de La crise de foie n’existe pas*. En général, il y a peu de signes cliniques avant-coureurs. Quand on a de l’eau dans le ventre, on devient jaune ou on est épuisé, la maladie est déjà avancée. »

D’où l’intérêt, quand on a un doute, de faire un bilan hépatique, c’est-à-dire une prise de sang. Dans quel cas ? « Les personnes de plus de 50 ans font souvent un check-up complet, mais pensent rarement à leur foie ! », regrette l’hépatologue. Toutefois, tout le monde n’est pas menacé : les personnes à risque sont celles souffrant d’obésité, hypertension, cholestérol ou alcoolisme. Autre signe qui peut alerter : « quand on sent une gêne ou pesanteur du côté droit sous les côtes, car un foie gras grossit. »

Limiter l’alcool

On le sait, l'alcool n'est pas vraiment l'allié de votre foie. « Le danger, ce n’est pas la cuite du samedi soir, rassure le médecin. Les maladies du foie se développent quand on boit tous les jours, même sans être ivre. » D’où l’intérêt de suivre les recommandations mises à jour en 2017 par Santé Publique France : ne pas boire une goutte d’alcool deux jours par semaine.

Pas la peine de jeter toutes vos bonnes bouteilles pour autant… En effet, une étude de 2008 menée à San Diego montre qu’un verre de vin rouge chaque jour diminuerait par deux le risque de développer une maladie du foie gras. « Par contre, manger en buvant ne protège pas le foie, nuance le Dr Samuel. On est certes moins ivre, mais c’est la quantité d’alcool qui compte. »

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Changer son alimentation

Si l’on fait souvent un lien de cause à effet entre alcool et problèmes hépatiques, on parle moins souvent des ravages du sucre. Or, c’est le foie qui transforme le fructose. « Si votre foie est trop souvent exposé à une quantité importante de fructose, la graisse alors surproduite s’accumule dans les organes et les cellules hépatiques se ballonnent et finissent par mourir », écrivent les deux auteurs de Je dépollue mon foie**. Et le sucre se cache non seulement dans l’alcool, mais aussi dans les sodas et plats préparés.

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« Il n’existe pas de médicament miracle, même si la recherche s’intéresse à ces maladies du foie, rappelle l’hépatologue. Il faut donc revenir à des bonnes résolutions simples : manger moins et plus équilibré. Et supprimer en priorité les plats préparés, en sauce, pour privilégier légumes et fruits. » Manger chez soi plus qu’à l’extérieur, c’est une maxime prônée par le livre Je dépollue mon foie**. Et pour réinvestir sa cuisine, les deux auteurs américains conseillent de la réorganiser pour mettre en évidence produits frais et sains, miser sur les herbes aromatiques, épices, toutes bonnes pour la santé et remplacer pain, pâtes et riz blanc par leurs cousins au blé complet.

Les cures de détox, ça marche vraiment ?

Après les fêtes, les rayons de pharmacies regorgent de cures de détoxification. « Mais rien ne prouve que ces cures de jus de citron, d’artichaut ou encore de radis noir soient efficaces, rectifie Didier Samuel. L’artichaut et le radis noir favorisent la digestion, mais ne dépolluent pas le foie.

En revanche, ces cures ont un petit effet bénéfique d’accompagnement : en général, vous faites plus attention à ce que vous mangez et buvez », précise le spécialiste pour qui « tout ce qui est naturel est meilleur que des compléments alimentaires, d’autant plus que la phytothérapie n’est pas contrôlée. »

Et pour les jeûnes ? « Il faut éviter les jeûnes comme les régimes drastiques qui vous font perdre 20 kg… que vous reprenez illico, critique le médecin. Quand vous grossissez progressivement, la répartition se fait de façon homogène. Si la prise de poids est très brutale, la répartition des graisses se fait de façon moins équilibrée et vous mettez votre foie à rude épreuve. »

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Et l’activité physique dans tout ça ?

Comme pour tous les maux, les problèmes de foie peuvent se combattre avec un bon moyen peu onéreux : l’activité physique. « Aujourd’hui, avec des métiers beaucoup plus sédentaires qu’avant, il faut trouver le moyen de faire de l’exercice physique », rappelle Didier Samuel. Sa recommandation : marcher au moins trente minutes, 3 à 4 fois par semaine. Et ne pas se lancer dans un marathon sans préparation. « Il faut surtout que ce sport soit adapté, progressif et régulier. »

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* La crise de foie n’existe pas, Pr Didier Samuel (novembre 2017, éditions Marabout, 17,90€).

* Je dépollue mon foie, de Kristin Kirkpatrick et Ibrahim Hanouneh (janvier 2018, éditions Marabout, 19,90 €).