Une Cubaine présente des flacons du vaccin CIMAvax - EGF.
Une Cubaine présente des flacons du vaccin CIMAvax - EGF. — Javier Galeano/AP/SIPA

FAKE OFF

Ce vaccin permet-il vraiment de soigner des cancers du poumon ?

Le CIMAvax est testé aux Etats-Unis...

  • Un article du site Eddenya sur un vaccin créé à Cuba est devenu viral sur les réseaux sociaux.
  • Le CIMAvax est un vaccin thérapeutique pour certains types de cancers du poumon.
  • Il n’est pas destiné à prévenir l’apparition de ces cancers.

« Cuba sauvera le monde : la médecine cubaine a découvert un vaccin contre le cancer », écrit le site Eddenya. Avec un tel titre, il n’est pas surprenant que l’info soit devenue virale sur les réseaux sociaux en ce début d’année. Cet article semble pourtant assez ancien, puisqu’on le trouvait dès 2013 sur Twitter et en 2014 sur Facebook.

Mais de quel vaccin miraculeux s’agit-il ? Le CIMAvax, « un vaccin cubain contre le cancer du poumon », annonce Eddenya, qui précise : « Les Américains sont fous de rage. »

FAKE OFF

Le CIMAvax est un vaccin qui a été développé à Cuba. Il fait actuellement l’objet d’une première phase de tests cliniques aux Etats-Unis, au centre Roswell Park. C’est la première fois que l’administration américaine autorise des tests sur un médicament cubain. Les Américains ne sont donc pas « fous de rage » comme le prétend Eddenya !

Cependant, ce vaccin n’a pas pour objectif de prévenir l’apparition de la maladie. Il est thérapeutique, et est à ce titre destiné à des personnes déjà souffrantes de cancers non à petites cellules arrivés à des stades avancés.

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Le vaccin induit « une réponse immune par des anticorps générés par le patient lui-même, détaille le centre d'immunologie moléculaire cubain. Ces anticorps s’unissent au facteur de croissance épidermique (EGF) et inhibent l’union au récepteur (EGFR). Par conséquent, ils désactivent les mécanismes de prolifération cellulaire dans les cellules tumorales, dépendante de ce système EGF/EGFR. »

En clair, le vaccin a pour effet de ralentir la progression des tumeurs, mais ne remplace pas les soins dispensés lors de la survenue de tels cancers.

Disponible dans cinq pays

A la suite de tests cliniques menés sur 405 personnes pendant six semaines après un traitement par chimiothérapie, des médecins cubains ont conclu que la vaccination était « sûre ». Les effets secondaires notés sont une douleur au niveau de l’injection, de la fièvre, des vomissements et des maux de tête.

En dehors de Cuba, le vaccin est disponible au Pérou, au Paraguay, en Colombie et en Bosnie-Herzégovine. Il n’y a pas encore de date pour sa disponibilité aux Etats-Unis, les tests cliniques venant de débuter. Il n’est même pas sûr qu’il reçoive l’autorisation d’être distribué sur le territoire américain. Celle-ci dépendra des résultats des études cliniques et de leur interprétation par les autorités américaines.

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