Jouets, sapin, huîtres: Comment éviter les accidents domestiques durant les fêtes

PREVENTION Les fêtes de fin d’années sont particulièrement propices aux accidents de la vie courante, mais quelques précautions d’usage permettent de les éviter…

Anissa Boumediene

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De simples précautions permettent d'éviter les accidents domestiques durant les fêtes.
De simples précautions permettent d'éviter les accidents domestiques durant les fêtes. — DELAHAYE CATHERINE/SIPA
  • S’ils se produisent tout au long de l’année, les accidents domestiques trouvent dans l’hiver et la période des fêtes de fin d’année un large théâtre d’action.
  • Chaque année en France, les accidents domestiques blessent onze millions de personnes et en tuent 20.000.
  • Les enfants sont en première ligne de ces accidents de la vie courante.

Un beau sapin joliment décoré, un foyer bien chauffé, une hotte du père Noël garnie de jouets et une belle bourriche d’huîtres : c’est pour beaucoup la définition de fêtes de fin d’année réussies, mais c’est aussi synonyme de risques d’accidents. Chaque année en France, les accidents domestiques blessent onze millions de personnes et en tuent plus de 20.000. Susceptibles de se produire n’importe quand dans chaque pièce de la maison, ils se multiplient en période de fêtes de fin d’année et les enfants sont en première ligne. « Neuf parents sur dix ne savent pas évaluer les risques domestiques, et autant avouent avoir déjà eu un comportement imprudent en présence de leur enfant, déclare Nathalie Irisson, secrétaire générale d’ Attitude Prévention, une association de prévention des risques du quotidien. L’idée est qu’il faut se préoccuper de ces risques toute l’année, explique-t-elle, même si on a un environnement bien sécurisé. Cela permet de mieux les identifier et les éviter quand on n’est hors de son cadre, comme c’est le cas lorsqu’on part pour les vacances de Noël ». 20 Minutes vous livre les cinq commandements pour des fêtes en toute sécurité pour toute la famille.

1. Etre vigilant avec le sapin

Boules pailletées, guirlandes lumineuses et petits sujets tous mignons à suspendre : à l’approche du réveillon, décorer le sapin de Noël en famille est un moment agréable à partager en famille. Il y a ceux qui optent pour un arbre naturel, et les autres qui préfèrent un synthétique et pour la déco, c’est à chacun son style. Mais si le sapin ravit petits et grands, quelques précautions sont indispensables pour écarter les risques d’incendie et d’électrocution d’une part, mais aussi les risques spécifiques aux tout petits. « On laisse les bougies loin, très loin du sapin, parce qu’il est inflammable, insiste Nathalie Irisson. Et si des guirlandes lumineuses sont installées sur l’arbre, on veille à les éteindre lorsqu’on quitte la pièce ».

Côté déco, « si l’on a des enfants en bas âge, les boules en verres sont à proscrire, pour éviter qu’ils ne se blessent si elles se brisent, tout comme les petits objets de décoration qu’ils pourraient ingérer, rappelle-t-elle. Et on ne les laisse pas sans surveillance s’il y a des guirlandes, à cause du risque de strangulation ».

2. Attention au monoxyde de carbone

Comme chaque hiver à l’approche des fêtes, il caille ! Naturellement, notre premier réflexe est de pousser le chauffage à fond ou de s’offrir un bon feu de cheminée. Rien de plus anodin, pourtant « chaque année, plus de 3.000 personnes sont intoxiquées au monoxyde de carbone », avertit Nathalie Irisson. Pour écarter tout risque face à ce gaz toxique incolore et inodore, « il faut faire vérifier ses appareils de chauffage, en particulier les chauffages à combustion ».

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Et quelle que soit la météo, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, on n’oublie pas d’aérer son intérieur au moins dix minutes chaque jour, histoire de renouveler l’air que l’on respire et chasser les polluants, plus nombreux chez soi que dehors.

Si l’on possède une cheminée, « il faut la faire ramoner avant sa mise en route, mais aussi à la fin de la saison hivernale, quand on arrête de s’en servir, préconise-t-elle. Et pas question de placer un tapis devant la cheminée, les possibles projections d’étincelles pourraient déclencher un incendie ». Pour la peau de bête, il faudra trouver un autre emplacement.

3. Des jouets conformes pour les enfants

Ils ont depuis longtemps envoyé leur liste au père Noël et désormais, les enfants n’attendent qu’une chose : le moment où ils pourront enfin déballer leurs cadeaux. « Pour des cadeaux en toute sécurité, il faut acheter des jouets certifiés CE ou NF », indique Nathalie Irisson, d’Attitude Prévention. Mais « il est tout aussi important d’offrir des jouets adaptés à l’âge de l’enfant, poursuit-elle. S’il y a des âges qui sont recommandés, c’est pour éviter les risques, notamment d’ingestion de petites pièces ».

Et une fois les cadeaux ouverts, « on jette rapidement les emballages, on ne laisse pas traîner rubans et bolducs avec lesquels les jeunes enfants risquent de s’étrangler ». Et puisque le rangement a ses vertus, « on veille à ce que les enfants ne laissent pas traîner jouets et autres voiturettes sur lesquelles on peut marcher et risquer de tomber ».

4. Attention aux enfants durant l’apéritif

Au moment des fêtes, propices aux grandes réunions en famille ou entre amis, l’apéritif est souvent de mise. Pour accompagner bulles et autres boissons à consommer avec modération, cacahuètes, pistaches et olives se grignotent avec plaisir. « Des aliments durs et petits avec lesquels les plus jeunes enfants risquent de s’étouffer », précise Nathalie Irisson.

On évite aussi de laisser traîner les fonds de verre d’alcool, que les enfants pourraient vider. « Même si on est dans une ambiance festive, on débarrasse vite les boissons alcoolisées pour qu’elles ne soient pas à portée des enfants », prescrit-elle.

5. Laisser faire les pros pour les huîtres

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui savent ouvrir les huîtres, et ceux n’y arrivent pas. « A chaque réveillon de Noël, les services d’urgences voient dès le début de la soirée arriver des patients qui se sont blessés en tentant d’ouvrir des huîtres, et certains présentent des entailles assez profondes », raconte Nathalie Irisson. Donc si on n’est pas doué, on laisse faire son beau-frère ou on demande à son poissonnier de les ouvrir. Les plus obstinés peuvent « regarder un tuto sur internet », suggère Nathalie Irisson.

Voire un deuxième.

Et pour assurer le coup, dans un gant en cotte de maille ou une moufle de protection spéciale huîtres peut s’avérer être un investissement malin.