Obésité: Une étude dévoile les liens entre le poids des bébés et leur origine sociale

CORRELATION Le poids des enfants à la naissance est fortement lié à la classe sociale de leurs parents selon une étude du ministère de la Santé publiée ce mercredi...

20 Minutes avec AFP

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Illustration. Un bébé.
Illustration. Un bébé. — C. Delahaye / Sipa

Gros bébés à la naissance chez les cadres, enfants en surpoids à six ans chez les ouvriers. Voilà l’un des principaux enseignements de l’étude Poids à la naissance et origine sociale: qui sont les enfants les plus exposés au surpoids et à l'obésité?, publiée ce mercredi par le ministère de la Santé.

Les données recueillies auprès de près de 20.000 enfants « majoritairement nés en 2007 », révèlent ainsi que chez les cadres, 8 % des bébés pèsent plus de 4 kg et 5,5 % moins de 2,5 kg. À l’inverse, chez les ouvriers, ils sont seulement 5,7 % à dépasser 4 kg, contre 8,7 % en dessous de 2,5 kg.

Facteurs de risques d’accouchement prématuré

Pour l’expliquer, l’auteure de l’étude, Muriel Moisy, rappelle quelques facteurs de risques d’accouchement prématuré ou de faible poids du bébé : suivi médical insuffisant, emploi éprouvant, faible niveau d’études, consommation d’alcool et de tabac, etc.

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À six ans, la relation entre poids et classe sociale s’est déjà inversée. Chez les enfants de cadres, 1,3 % seulement souffrent d’obésité et 5,9 % de surpoids. Chez les ouvriers, ils sont respectivement 5,8 % et 9,8 %.

Par exemple, « 31 % des enfants d’ouvriers nés à 4 kilogrammes ou plus, contre seulement 13 % des enfants de cadres dans le même cas, sont en surcharge pondérale en grande section de maternelle », a souligné l’étude.

« Les habitudes de vie favorisant le surpoids sont plus répandues chez les ouvriers », justifie l’auteure, citant l’absence ou l’irrégularité du petit-déjeuner et le temps passé devant un écran. Mais elle précise que ce ne sont pas les seuls facteurs.

Cette enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation (Drees) et des statistiques recèle une bonne nouvelle : « la prévalence de la surcharge pondérale à 5-6 ans a plutôt diminué », en tombant à « moins de 12 % en 2013 », contre « plus de 14 % » en 2001.