Bordeaux: Une étude sur le dépistage de l’infection Chlamydia lancée auprès d'étudiantes

SANTE Depuis environ un an, presque un millier d’étudiantes, notamment bordelaises, a été recruté pour participer à l’étude i-Predict portant sur l’infection sexuellement transmissible Chlamydia…

Elsa Provenzano

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Des étudiantes de l'université de Bordeaux sollicitées pour participer à une étude sur l'infection chlamydia.
Des étudiantes de l'université de Bordeaux sollicitées pour participer à une étude sur l'infection chlamydia. — VALINCO/SIPA
  • Une étude sur une infection sexuellement transmissible très répandue chez les jeunes filles de 18 à 24 ans, la Chlamydia trachomatis, a été lancé il y a un an.
  • Des recrutements sont en cours, notamment parmi les étudiantes bordelaises, pour atteindre 4.000 participantes.
  • Cette étude veut évaluer si un diagnostic systématique de cette infection permettrait d’éviter les complications qui y sont liées et qui peuvent conduire à des problèmes d’infertilité.

L’étude i-Predict, liée à l'étude i-Share sur la santé des étudiants, lancée il y a environ un an, a pour ambition de faire progresser la recherche sur la Chlamydia trachomatis, l’infection sexuellement transmissible la plus répandue, surtout chez les jeunes femmes de 18 à 24 ans. Aujourd’hui un peu moins d’un millier d’étudiantes des campus parisiens, bordelais et niçois y participent, mais les recrutements sont en cours avec un objectif fixé à 4.000 étudiantes au total.

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Des complications qui peuvent conduire à des problèmes d’infertilité

Les suivis médicaux sur deux ans des participantes permettront d’évaluer la pertinence d’un dépistage systématique de cette infection. Celle-ci a la particularité de ne pas présenter de symptômes au départ mais peut conduire à de sérieuses complications, dont des problèmes d’infertilité, si elle n’est pas traitée à temps par antibiotiques.

C’est l’une des premières causes de stérilité en France selon l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). L’étude est pilotée par une unité mixte de recherche qui associe l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, l’Inserm et l’institut Pasteur.

« Le problème de base, c’est que l’infection peut passer inaperçue, puisque 80 % des jeunes femmes atteintes n’ont pas de symptôme, explique  Elisabeth Delarocque-Astagneau, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et coordinatrice de l’étude i-Predict. Dans un premier temps, l’infection concerne les voies génitales basses (col) mais la bactérie peut remonter aux voies génitales hautes (trompes, ovaires) et conduire à des problèmes de stérilité ». L’usage du préservatif permet de prévenir cette infection.

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Comment se déroule l’étude pour les participantes ?

« Lorsqu’on communique sur l’étude, beaucoup d’étudiantes se montrent intéressées, le plus difficile c’est de les faire venir au service universitaire de médecine préventive pour le premier rendez-vous », constate la chercheuse. C’est en effet dans ce centre installé sur les campus universitaires que les étudiantes doivent s’inscrire pour participer et effectuer sur place leur premier auto prélèvement. Elles recevront alors toutes les informations nécessaires sur l’infection et sur le déroulement de l’étude.

Deux groupes sont mis en place pour l’étude : l’un est dépisté tous les six mois pour l’infection à Chlamydia et traité; l’autre n’est pas dépisté mais suit les recommandations actuelles et il est testé à la fin de l’expérimentation. Pour le premier groupe, tout a été pensé pour que ce soit le plus « léger » possible, souligne Elizabeth Delarocque-Astagneau, puisque des kits d’auto-prélèvements sont fournis aux volontaires. Les prélèvements sont analysés par le centre national de référence des infections sexuellement transmissibles bactériennes, basé à Bordeaux.

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Résultats en 2021

Des consultations gynécologiques avec des professionnels partenaires de l’étude sont programmées au cours de l’étude et sont préconisées en cas de douleurs signalées par les participantes dans leurs réponses aux questionnaires en ligne. Au terme de l’étude, les spécialistes examineront si ces dépistages systématiques tous les six mois ont permis de réduire les complications liées à l’infection.

Les résultats de cette étude d’ampleur seront disponibles en 2021 et pourraient avoir des conséquences au-delà des frontières nationales puisque des collaborations pour mieux comprendre l'infection Chlamydia sont engagées avec par exemple, des chercheurs hollandais et américains.