Maladie de Lyme: Une plainte au pénal sera déposée par 300 malades en janvier

JUSTICE Leurs avocats demandent le retrait des tests de dépistage qu’ils n’estiment pas fiables…

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une tique.
Illustration d'une tique. — AP/SIPA

Trois cents personnes atteintes de la maladie de Lyme s’emparent de la justice. Selon RMC, elles vont porter plainte au pénal en janvier 2018 pour trafic d’influence, abus de biens sociaux et recel d’abus de bien sociaux, mise en danger de la vie d’autrui, violation du principe d’indépendance des experts et du principe d’absence de conflit d’intérêts.

Dans le viseur, l’Etat, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et le Centre national de référence (CNR) de Strasbourg qui collabore notamment avec les laboratoires fabriquant les tests de dépistage. Les plaignants estiment qu’ils ne sont pas fiables.

« Des collaborateurs de l’industrie pharmaceutique »

En France, il n’existe qu’un seul test, Elisa, qui détecte la maladie de Lyme généralement transmise par une piqûre de tique. Si le résultat est négatif, les examens s’arrêtent là. Le seul hic ? Le test ne détecte que trois à cinq bactéries différentes qui peuvent causer la maladie alors qu’il en existe plus d’une dizaine en réalité.

Julien Fouray, l’un des avocats des plaignants, soutient que les autorités sanitaires « n’ont pas joué leur rôle d’autorité de contrôle ou de régulation, mais sont devenues en réalité les collaborateurs de l’industrie pharmaceutique ». L’avocat évoque aussi « des dizaines de milliers de malades » non diagnostiqués et qui sont « dans des situations médicales, matérielles et morales absolument catastrophiques ».

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500.000 euros de dommages et intérêts

« En validant et en imposant une seule technique de tests (…), on interdit d’une part qu’il puisse y avoir un doute ou une discussion sur la fiabilité de ces tests, mais d’autre part d’autres dépistages de la maladie de Lyme », poursuit Julien Fouray.

Les avocats des plaignants réclament la responsabilité des acteurs de santé publique, 500.000 euros de dommages et intérêts par patient en errance thérapeutique ainsi que le retrait de ces tests qu’ils jugent « absurdes ».

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