VIDEO. Strasbourg: La ville s'engage à devenir la première ville «zéro hépatite C» de France

EPIDEMIE La municipalité strasbourgeoise s’est engagée jeudi à éradiquer définitivement le virus d’ici à cinq ans…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: La ville s'engage à devenir la première ville «zéro hépatite C» de France dans cinq ans.
Strasbourg: La ville s'engage à devenir la première ville «zéro hépatite C» de France dans cinq ans. — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Dépistage universel, accès aux soins, volonté politique… Comment Strasbourg veut remplir son objectif.
  • Neuf pays dans le monde sont en passe d’atteindre cet objectif pour 2030.

Plus aucune hépatite C, un objectif réalisable ? « Oui, par la réduction des risques, et en soignant les malades, on entre dans un cercle vertueux. Quand le virus devient très rare, la contamination est réduite. Disons qu’on tend vers le zéro », répond le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire strasbourgeois en charge de la santé publique, rappelant que neuf pays dans le monde sont en passe d’atteindre cet objectif pour 2030, « mais pas la France, notamment à cause de la question du dépistage ».

Strasbourg s’est donc engagée, jeudi, à devenir la première ville « zéro hépatite C » de France d’ici à 5 ans. Détails de ce plan d’éradication du virus, qui peut avoir de lourdes conséquences sur le foie.

Dépistage universel. Une personne sur trois ignore qu’elle est porteuse du virus. « On va faire l’inverse de ce qu’on faisait depuis des années, quand on ciblait des populations à risque. C’est un élément toujours important, mais il faut changer de paradigme et que désormais toute la population ait au moins fait un dépistage dans sa vie », plaide Dr Feltz, qui entend travailler avec « tous les acteurs » pour rendre cela possible.

Mobilisé pour mener des actions de dépistage grand public, Frédéric Chaffraix, président de SOS hépatites Alsace-Lorraine, poursuit : « Il est important de dépister tout le monde pour trouver ceux qui ignorent porter le virus. C’est le combat et l’affaire de tous. Il faut se demander si on s’est fait dépister, en parler à son médecin, à son entourage personnel et professionnel ».

Accès aux soins. L’hépatite C se soigne (95 % des cas guéris si dépistés à temps). Mais encore faut-il avoir accès aux soins, dont sont privés certains patients « pour des raisons sociales, de santé, d’organisation ». L’élu a annoncé la généralisation d’une nouvelle procédure pour une prise en charge : « On va proposer aux médecins volontaires, en lien avec le Service expert de lutte contre les hépatites virales d’Alsace (Selvah) et l’hôpital, d’envoyer les informations au centre de ressources qui leur fera une délégation d’ordonnance pour que les médecins s’occupent du suivi du patient. ».

Si on veut généraliser l’accès aux soins pour les malades d’hépatite C, il faut que la prise en charge du patient soit de proximité.

S’il appelle aussi à « améliorer la filière de soin », le Pr Michel Doffoel du Selvah met volontiers l’accent sur l’évolution du traitement du virus, « devenu simple et très bien toléré. C’est un comprimé par jour, sur huit à douze semaines, avec un taux de guérison proche des 100 % ».

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Le traitement est aujourd’hui universel, mais Alexandre Feltz appelle tout de même « les industriels à faire un effort » : le prix des médicaments s’élève à environ 30.000 euros.

Volonté politique. Sur le modèle du réseau national des villes sport-santé sur ordonnance impulsé par la capitale alsacienne, l’adjoint juge qu’en plus de ce que peuvent réaliser les associations ou acteurs de la santé publique, « le portage politique territorial est aussi fondamental ». Et souhaite que sa toute nouvelle compétence d’élu chargé de la prévention de l’hépatite C puisse inspirer d’autres municipalités.

Culture grand public. Pour toucher un public éloigné des questions de santé public, la campagne nationale SavoirCguérir a misé sur une accroche musicale : en collaboration avec le musicien britannique Phil Spalding, l’artiste alsacienne Jewly et marraine de cette campagne « la musique vecteur de lutte contre l’hépatite C » a composé deux titres inédits.

A Strasbourg, le nombre de porteurs de l’hépatite C est évalué à environ 1.300 personnes. Près de 900 sont actuellement traitées et 200 autres n’auraient pas accès aux soins.