Laits infantiles contaminés: Que faire si votre bébé a consommé des produits retirés de la vente?

SCANDALE Lactalis vient d'effectuer un retrait massif de ses produits pour nourrissons après la détection de plusieurs cas de salmonellose...

Delphine Bancaud
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Illustration d'un bébé qui boit un biberon.
Illustration d'un bébé qui boit un biberon. — Pixabay/ SofiLayla
  • Ce dimanche 600 lots de lait infantile ont été retirés de la vente.
  • Parmi les marques les plus connues figurent Milumel et Picot, mais aussi Carrefour.
  • Si un enfant a des diarrhées intenses et vomit sans arrêt, il faut consulter.
  • Le ministère informe sur les produits de substitution possibles.

L’inquiétude des familles grandit après l’annonce ce dimanche du retrait massif de laits infantiles du groupe Lactalis en raison d’un risque de contamination par des salmonelles.

Lactalis a arrêté la production de laits infantiles vendredi. Un arrêté préfectoral, pris samedi 9 décembre, conditionne le redémarrage de la production à la mise en place de mesures correctives. 20 minutes fait le point sur tout ce que doivent savoir les parents de bébés consommateurs de laits industriels.

C’est quoi une salmonellose ?

Les salmonelloses sont des maladies provoquées par des entérobactéries du genre Salmonella, allant de la gastro-entérite bénigne à des infections plus graves. Elles sont potentiellement plus dangereuses pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou affaiblies. La période entre la contamination et l’apparition des premiers signes (incubation) est courte, de 12 à 72 heures. Puis les symptômes de gastro-entérite aiguë apparaissent de façon assez brutale : diarrhée, douleurs abdominales, vomissements, fièvre souvent élevée (38 à 40° C).

« Dans cette affaire Lactalis, les bovins ont dû être contaminés par une salmonelle en ingérant des aliments souillés (par exemple des céréales). Ils ont ensuite contaminé leur lait. Et comme le germe est très résistant aux antiseptiques et aux antibiotiques, il est très difficile de s’en débarrasser. D’où les difficultés de Lactalis », explique à 20 Minutes le docteur Sylvie Hubinois, pédiatre à Saint-Germain-en-Laye et présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire. Selon le porte-parole de Lactalis, les investigations ont d’ailleurs détecté, une « cause probable de contamination survenue sur l’une de nos tours de séchage (de l’usine de Craon) dans la période du 1er au 6 mai ».

Les laits de quelles marques sont-ils concernés ?

Selon le ministère de la santé, 600 lots de lait présentent un risque pour la santé. La liste est consultable ici. Une large gamme de laits premier et deuxième âge, lait-relais, poudres, avec ou sans lactose, à base de protéines de riz est concernée.

Parmi les marques les plus connues figurent Milumel et Picot, mais aussi Carrefour. Ces références ont été retirées des rayons et dans l’immédiat, le ministère a demandé aux parents, « dans la mesure du possible, de ne pas (…) utiliser » les produits concernés.

Quels sont les risques que votre enfant ait été touché ?

« Si ça fait plus de trois jours que le bébé a bu un biberon de lait d’une des marques potentiellement touchées et qu’il n’a eu aucun symptôme d’infection alimentaire, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il n’y a aucune conséquence à long terme », indique le docteur Sylvie Hubinois. En revanche, si un bébé a bu hier ou avant-hier un biberon de lait provenant d’une marque potentiellement touchée par la bactérie, il faut se montrer vigilant, assure la pédiatre : « Si un enfant a des diarrhées intenses et vomit sans arrêt, il faut tout de suite consulter un médecin. Idem en cas de diarrhée glairo-sanglante, qui signale une gastro-entérite de forte intensité. Et avec les bébés de moins de trois, il faut redoubler d’attention et réagir encore plus vite », conseille le médecin.

En attendant la consultation médicale, il faut donner au bébé un soluté de réhydratation, disponible en pharmacie, pour compenser les pertes liquidiennes importantes du bébé et calmer ses vomissements grâce aux sels minéraux et au sucre qu’ils contiennent », poursuit la pédiatre. Et que faire si le bébé ne prend pas bien ce soluté ? « Un bébé déshydraté se jettera forcément dessus. Dans ce cas, il faut lui donner 10 ml par 10 ml afin qu’il ne régurgite pas, le temps que les vomissements se calment et à volonté surtout en cas  de diarrhées. Si l’enfant rejette son biberon, c’est qu’il n’est pas déshydraté, mais pensez à le faire boire régulièrement », souligne la pédiatre.

Vers quels produits de substitution faut-il se porter ?

« Les parents qui utiliseraient une boîte de lait infantile en poudre concernée par cette mesure de retrait-rappel doivent changer immédiatement de lait », précise le communiqué du ministère de la Santé. La Société française de pédiatrie a d’ailleurs publié ce dimanche, la liste des laits de substitution possibles. S’il est vraiment impossible pour les parents de trouver l’un des laits de substitution, la SFP leur propose de préparer un biberon avec le lait qu’ils possèdent, puis de faire bouillir le lait pendant deux minutes dans une casserole, le laisser refroidir et le donner à leur bébé en attendant de trouver une alternative. « Car même si des familles disposent de plusieurs boîtes de lait d’avance d’une marque potentiellement touchée par la bactérie, il est conseiller de les jeter car il ne faut prendre aucun risque », insiste le pédiatre.

Où obtenir plus amples informations ?

La Direction générale de la Santé a ouvert le numéro d’information gratuit 0800.636.636 (7 jours sur 7, de 9h à 20h), Lactalis le 0800.120.120 et le service client de Carrefour est joignable au 0969.397.000 (appel non surtaxé).