Toulouse: Des chercheurs ont identifié un dérivé du cholestérol pouvant bloquer la progression de la tumeur

RECHERCHE Des chercheurs du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse ont identifié un dérivé du cholestérol pouvant bloquer la progression de la tumeur dans les cancers du sein...

Beatrice Colin

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Lors d'une mammograhie de dépistage du cancer du sein.
Lors d'une mammograhie de dépistage du cancer du sein. — SERGE POUZET/SIPA
  • Des chercheurs du Centre de recherhces en cancérologie de Toulouse ont identifié un dérivé du cholestérol aux propriétés anti-tumorales, qui offre de nouvelles pistes de traitement thérapeutique.
  • Cette découverte pourrait permettre de bloquer la progression des tumeurs notamment dans les cancers du sein très agressifs qui ne bénéficient pas aujourd'hui des thérapies ciblées.

C’est le fruit d’années de recherches. Et cela pourrait révolutionner le traitement des cancers du sein pour lesquels on diagnostique chaque année 54.000 nouveaux cas en France. Des chercheurs du laboratoire «Métabolisme du cholestérol et innovations thérapeutiques» du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse 

viennent de découvrir qu’un dérivé du cholestérol peut bloquer la prolifération des cellules tumorales.

Cette découverte concerne en particulier 15 à 20 % des cancers que l’on appelle « triples négatifs », qui touchent souvent les jeunes femmes. Des cancers pour lesquels les traitements anti-œstrogènes ne fonctionnent pas.

Essais cliniques d’ici à deux ans

Tout est parti de l’identification de la dendrogénine A (DDA), un dérivé du cholestérol aux propriétés anti-tumorales présent dans les cellules saines. Il disparaît dans les cellules cancéreuses pour laisser la place à une autre molécule, appelée OCDO, qui, elle, favorise la prolifération tumorale.

Restait à savoir ce qui était à l’origine de cette transformation entre bonne et mauvaise molécule. Et à force de scruter leurs microscopes, les chercheurs de l’Oncopôle de Toulouse se sont aperçus qu’une enzyme était à l’origine de cette dérégulation, et qu’il était possible de repérer sa présence lors d’analyses. Une découverte dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifisque de l’Académie des sciences des Etats-Unis.

Pas de traitements ciblés actuellement

« Nous avons vu comment nous pouvions bloquer, par différentes stratégies, la production d’OCDO qui favorise la progression tumorale. Cela ouvre des perspectives thérapeutiques dans les cancers où il y en a en grande quantité, comme les cancers du sein "triples négatifs" et pour lesquels aujourd’hui il n’y a pas de traitement ciblé », explique le chimiste Marc Poirot, un des membres de l'équipe de recherche à l’origine de cette découverte avec sa femme Sandrine Silvente-Poirot, pharmacologue.

Maintenant qu’ils ont démonté tout le mécanisme en laboratoire à partir de 5.000 échantillons de tumeurs, l’équipe de chercheurs peut passer à l’étape des essais cliniques. Ils devraient être menés d’ici à deux ans avec des équipes médicales de l’Institut universitaire du cancer.

« Et c’est tout l’intérêt de l’Oncopôle. Nous faisons de la recherche mais nous collaborons étroitement avec des médecins qui sont au contact des patients, cela permet d’aller plus vite et de travailler sur leurs tumeurs », relève Marc Poirot qui espère rapidement voir ses travaux se traduire par l’arrivée d’un nouveau médicament.