Levothyrox: Un nouveau concurrent français bientôt sur le marché?

SANTE L'Agence du médicament (ANSM) a annoncé ce vendredi qu’un nouveau médicament concurrent du controversé Levothyrox était en cours d’examen…

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration de plaquettes de Levothyrox.
Illustration de plaquettes de Levothyrox. — AFP

Bientôt un concurrent français au Levothyrox, médicament controversé contre l’hypothyroïdie produit par le laboratoire Merck ? C’est en tout cas à l’étude.

>> A lire aussi : Levothyrox: Pour le président de Merck France, les associations de patients «essayent de faire du buzz»

« Il y a une demande d’autorisation de mise sur le marché qui est en cours d’examen, sous forme de capsule molle », a déclaré ce vendredi à la presse la directrice générale adjointe de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), Christelle Ratignier-Carbonneil. Elle a précisé que cette demande venait des Laboratoires Genevrier, et que l’objectif était de rendre « un avis début 2018 ».

En situation de quasi-monopole sur la lévothyroxine

Le Levothyrox, du laboratoire allemand Merck, a soulevé une vague d’indignation de patients depuis l’été, nombre d’entre eux se plaignant d’effets secondaires après l’introduction d’une nouvelle formule en mars.

Ce médicament était alors en situation de quasi-monopole sur la lévothyroxine, prise par quelque trois millions de personnes en France. Et le Levothyrox a encore une part de marché écrasante, avec 90,5 % depuis mi-octobre.

Un nouveau générique disponible depuis mercredi

Deux concurrents, le L-Thyroxin Henning du français Sanofi et le L-Thyroxine (gouttes) du belge Serb, ne pèsent que 7,2 % et 1,8 % respectivement. L’ancienne formule du Levothyrox, réclamée en justice par certains patients, vendue sous le nom d’Euthyrox (Merck), n’est prescrite que dans des cas exceptionnels (0,5 %).

De plus, un générique, le Thyrofix du laboratoire suisse Unipharma, déjà commercialisé en Grèce et aux Pays-Bas, est disponible depuis mercredi. « Le paysage commence à se diversifier (…) et notre objectif est de sortir de la situation délicate qui existe sur l’offre de lévothyroxine, de cette situation de crise », a précisé Mme Ratignier-Carbonneil.

Les liens avec 14 décès toujours à l’étude

L’ANSM a rappelé, comme l’avait indiqué mardi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qu’une analyse complète de 14 décès signalés de patients traités au Levothyrox était en cours.

Ses résultats doivent être présentés le 30 janvier lors d’un « comité technique de pharmacovigilance », et rendus publics dans les jours suivants. Agnès Buzyn avait indiqué mardi qu’il n’y avait « pas de lien établi » entre le Levothyrox et ces décès de « personnes très âgées, avec beaucoup de pathologies et qui prenaient beaucoup de médicaments ».