Rennes: Quatrième semaine de grève à l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier

SOCIAL Le syndicat Sud Santé Sociaux proteste contre «la dégradation des conditions de travail » du personnel et « des conditions d’accueil des patients»…

J.G. avec AFP
— 
Le personnel de Guillaume Régnier réclame depuis plusieurs années des moyens à sa direction, comme ici en novembre 2015.
Le personnel de Guillaume Régnier réclame depuis plusieurs années des moyens à sa direction, comme ici en novembre 2015. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

La mobilisation ne faiblit au centre hospitalier Guillaume Régnier à Rennes. A l’appel du syndicat Sud Santé Sociaux de l’hôpital, spécialisé en psychiatrie, les grévistes ont entamé ce lundi leur quatrième semaine de mobilisation. Depuis le 7 novembre, ils se relaient jour et nuit sous une tente dressée devant l’accueil de l’établissement, pour dénoncer une « situation inacceptable » à leurs yeux.

« Manque de lits, burn-out, manque d’agents pour assurer les soins en sécurité », dénonce notamment le syndicat, citant les exemples de « patients accueillis sur des chaises pendant des heures » ou de « chambres dont la température est tellement froide que même quatre couvertures ne suffisent pas à se réchauffer ». « On subit de plein fouet les politiques d’austérité. Et au-delà de l’épuisement professionnel des agents, c’est la qualité des soins qui est attaquée », indique Jacques Mény, secrétaire de Sud Santé pour l’établissement.

Un plan psychiatrie en réflexion au ministère de la Santé

La direction affirme de son côté mener depuis plusieurs années « un travail de fond sur le processus d’admission des patients pour améliorer la gestion des lits ». Des efforts qui auraient permis selon elle « une amélioration de la situation ». Le directeur de l’établissement rennais, Bernard Garin, reconnaît cependant devoir composer avec un « contexte budgétaire extrêmement serré ». « Notre dotation annuelle de fonctionnement est stable depuis trois-quatre ans alors que les charges de personnel augmentent. Et à cela s’ajoute le gel des crédits gouvernementaux », indique-t-il.

>> A lire aussi : La moitié des violences de malades hospitalisés en psychiatrie seraient évitables

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a affirmé mardi dernier que la « santé mentale » était un « sujet majeur » souvent oublié « des différents plans ». Elle a dit « réfléchir à un plan psychiatrie » et doit organiser prochainement « un premier débat avec l’ensemble des représentants » du secteur. Des mouvements de grève semblables à celui de Rennes ont eu lieu ces derniers mois, notamment dans des hôpitaux psychiatriques d'Allonnes (Sarthe), Amiens (Somme), Bourges (Cher) et Cadillac (Gironde).