La Fédération hospitalière de France alerte sur le nombre d’opérations chirurgicales injustifiées

ENQUETE La Fédération hospitalière de France (FHF) dénonce aussi les inégalités « face à la maladie, selon l’endroit où nous habitons »…

20 Minutes avec agence
— 
Le nombre d'actes chirurgicaux inutiles est pointé du doigt par la Fédération hospitalière de France.
Le nombre d'actes chirurgicaux inutiles est pointé du doigt par la Fédération hospitalière de France. — 20 MINUTES/SIPA

La Fédération hospitalière de France (FHF) tire la sonnette d’alarme : Beaucoup d’opérations chirurgicales seraient injustifiées.

Dans une enquête dévoilée par Le Journal du Dimanche​, l’organisme, qui représente la plupart des établissements publics de santé et des établissements publics médico-sociaux en France, pointe l’inflation d’actes chirurgicaux, les disparités géographiques et les dérives dans les établissements privés.

Du simple au double selon le département

L’étude, publiée samedi, examine à la loupe cinq interventions : césarienne, pontage coronarien, chirurgie de la colonne vertébrale, chirurgie du cristallin et pose de stent (un ressort destiné à maintenir les artères ouvertes.) Selon le département dans lequel se trouve le patient, le nombre d’intervention peut aller du simple au double. S’agissant des césariennes, on en compte 149 pour 100.000 habitants en Haute-Corse ou dans la Vienne mais le chiffre grimpe à 309 pour 100.000 dans l’Aisne ou les Yvelines.


Dans le cas des hernies discales, il semble que les chirurgiens aient le bistouri plus facile dans le Sud-Est et le Sud-Ouest qu’en région parisienne. « Nous ne sommes pas égaux face à la maladie, selon l’endroit où nous habitons », déplore ainsi Frédéric Valletoux, président de la FHF.

Le privé montré du doigt

Mais les disparités ne sont pas seulement géographiques. L’enquête fait apparaître qu’il est souvent plus probable de se retrouver sur une table d’opération dans une clinique que dans une structure publique.

Selon les départements, la probabilité de subir un pontage coronarien pour un patient de clinique est cinquante fois plus élevée dans certains départements que dans d’autres. Quant aux césariennes, l’écart est de un à vingt.

« Les écarts sont épouvantables »

Cédric Arcos, délégué général de la FHF, explique toutefois : « Notre idée n’est pas de clouer les cliniques au pilori mais plutôt de mettre le doigt sur des pratiques injustifiées. Public ou privé, peu importe, les écarts sont épouvantables. » Frédéric Valletoux enfonce le clou en assurant qu’il y a un « problème d’actes inutiles en France. »

Comme pour appuyer encore là où ça fait mal, un sondage Odoxa révèle que 9 médecins sur 10 reconnaissent avoir déjà prescrit des actes injustifiés. 88 % indiquent avoir déjà demandé certains actes ou examens qui leur ont, par la suite, semblé injustifiés.