VIDEO. Mal de dos: «Le sport m’a sauvé d’années de souffrances»

VOUS TEMOIGNEZ Alors que l'Assurance maladie a lancé une campagne d'information sur le mal de dos pour encourager l'activité physique, nos internautes nous ont raconté à quel point le sport a été salvateur...

Oihana Gabriel

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Illustration du marathon de New York.
Illustration du marathon de New York. — SIPA
  • Un Français sur deux souffre de problèmes de dos au moins une fois par an et dans un cas sur cinq cette douleur conduit à un arrêt de travail.
  • «Mal de #dos ? Le bon traitement, c'est le mouvement», c'est le nouveau mot d'ordre de l'Assurance maladie. Un message qui n'est pas toujours relayé par les médecins, expliquent nos internautes.
  • Badminton, course à pied, vélo, yago... A chacun sa recette miracle.

« On a encore beaucoup à apprendre sur la gestion de la douleur ! », assure Adeline, 40 ans. Si pendant longtemps, on a cru et expliqué qu’il valait mieux rester immobile quand on avait mal au dos, le message a bien changé depuis quelques années. L’Assurance maladie a même lancé il y a peu une campagne de sensibilisation pour que les nombreux Français concernés par les maux de dos ne mettent pas à la poubelle leur tenue de sport. Et nos internautes ont été nombreux à partager leur satisfaction : pour beaucoup, la natation, le basket, gym ou vélo ont sauvé leur dos.

Un message récent

Adeline, 40 ans, se réjouit que le message ait changé, car, selon elle, les médecins n’ont pas toujours tenu un discours favorable à l’activité physique. « J’ai souffert d’un mal de dos important et chronique depuis mon adolescence à cause d’une forte scoliose. J’ai énormément souffert, à devoir appeler SOS Médecins parce que je ne pouvais plus du tout bouger. La seule réponse des médecins était de me bourrer d’anti-inflammatoires (qui me rendaient malades) et de m’interdire de pratiquer toute forme de sport, à part la marche (sans charge sur le dos), et la natation (seul le crawl et dos crawlé étaient autorisés) ».

Adeline abandonne donc la randonnée et la course à pied pour la natation. « Après plusieurs années de ce traitement, ne voyant pas d’amélioration, j’ai décidé de ne plus écouter les médecins : quitte à souffrir autant que ce soit pour quelque chose. Je me suis remise à mes passions, sans constater d’aggravation, mais en souffrant toujours. C’est bien que les médecins soient en train de réviser leur jugement et conseillent maintenant aux gens de bouger quand ils ont mal au dos, parce que ce n’était pas du tout le cas lorsque j’étais jeune ! »

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« Mon médecin ne prêche que par les médicaments et l’immobilisme »

Sarah* aussi, critique le manque de clairvoyance de son médecin. A 21 ans, la jeune femme découvre les souffrances de la hernie discale. « Le mot d’ordre de mon médecin était suicidaire pour moi : arrêter tout sport, manger des antidouleurs toutes les quatre heures et porter une ceinture de soutien lombaire. Après deux semaines sans sport, je devenais folle. J’ai donc ignoré les conseils de mon médecin et suis retournée à la salle, pour du renforcement musculaire. Le lendemain était difficile, avec les courbatures et la sciatique, mais les jours qui ont suivi étaient absolument sans douleur. Incroyable ! J’ai donc continué le sport, n’ai pris d’antidouleurs qu’en cas de crise (une fois par an) et ne porte certainement plus de ceinture lombaire ! Mon médecin, qui ne prêche que par les médicaments et l’immobilisme, aurait sans doute un malaise en me voyant. C’est bien que l’assurance maladie fasse une campagne de sensibilisation au mouvement, mais il faudrait aussi penser à tenir au courant les médecins, qui se prennent souvent pour des dieux sur Terre, et n’écoutent pas leurs patients ! »

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Certains praticiens semblent toutefois déjà convaincus par cette approche. Gab, 24 ans, s’est ainsi vu conseillé il y a quatre ans par un kiné de multiplier les activités physiques. « J’ai pratiqué course à pied, basket et natation. Et depuis mes maux reviennent moins souvent et surtout, de façon beaucoup moins intensive. »

Benoît aussi a bénéficié des conseils avisés d’un chiropracteur. Souffrant de lombalgie chronique, parfois cloué au lit, il a repris progressivement la marche, puis la marche nordique avant de se remettre à la course à pied. « Le sport m’a sauvé d’années de souffrances et maintenant j’enchaîne les trails avec bonheur… »

Favoriser l’activité physique

Mais les douleurs peuvent aussi diminuer avec quelques bonnes habitudes de vie, sans forcément pratiquer cinq heures par semaine trois sports différents… Xavier, 39 ans, occupe un poste sédentaire dans un ministère et a vu une nette amélioration de ses douleurs lombaires depuis qu’il va au travail à vélo. « Finies les douleurs, j’ai un peu maigri, je mange de façon plus raisonnable, je me suis remusclé, je suis nettement plus en forme, de meilleure humeur », nous confie cet internaute.

« Ni la marche, ni le roller, ni la course à pied n’ont eu le même effet que le badminton »

Course à pied, vélo, marche, si chacun trouve son remède miracle, pour Michel, tous les sports ne sont pas à mettre dans le même panier. Pour ce quinquagénaire, le salut a rimé avec badminton. A 37 ans, Michel s’est rendu compte qu’il souffrait à cause d’une anomalie entre deux vertèbres soudées. « Ces maux étaient si douloureux que mon médecin me prescrivait des arrêts maladies de quelques jours pour rester allongé, seule position qui me soulageait. Ainsi que des séances de kinésithérapeute pour muscler le dos. » Mais depuis que Michel s’est mis au badminton, ses problèmes de dos ont disparu. « J’ai toujours fait du sport, mais ni la marche, ni le roller, ni la course à pied n’ont eu l’effet de musculature du dos que la pratique du badminton m’a apporté. »

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Yoga et exercices à l’école

Tam, qui travaille comme assistante maternelle et soulève donc des kilos d’enfants chaque jour, souffre d’une hernie discale avec rupture d’un disque intervertébral. Pour elle, ce n’est pas un sport intensif, mais des exercices de gymnastique ciblés chaque jour qui ont sauvé son dos. Et elle suggère une bien bonne idée… « A mon avis, dès l’école, on devrait faire de la prévention en prenant l’habitude de faire chaque jour 10 à 15 minutes d’exercices afin de prévenir le mal de dos. Un sport, même pratiqué régulièrement, ne suffit pas, certains muscles doivent être sollicités de façon plus intense pour maintenir le dos en bon état », nuance-t-elle.

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Même enthousiasme du côté de Maryse, 58 ans, qui a vu ses sciatiques et lombalgies reculer depuis qu’elle s’est mise au tapis de course chez elle et au yoga. « Puisque c’est dans l’air du temps, pourquoi ne pas mettre le yoga dans les écoles, les entreprises etc, il y aurait moins de stress et moins d’arrêts maladie. »

* Le prénom a été changé