VIDEO. Lille: Le centre hospitalier innove en soignant l’asthme… avec la chaleur

SANTE Le centre hospitalier lillois vient de se lancer dans un nouveau traitement innovant de l’asthme…

Gilles Durand

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Dispositif inséré dans les bronches à l'aide d'un bronchoscope flexible.
Dispositif inséré dans les bronches à l'aide d'un bronchoscope flexible. — CHRU Lille
  • Entre 200.000 et 400.000 personnes souffrent d’un asthme sévère en France.
  • Cet acte médical encore peu usité en France se pratique sans incision chirurgicale ni prise de corticoïdes.

On peut soigner l’asthme sévère uniquement grâce à la chaleur. Cette innovation médicale est désormais pratiquée au centre hospitalier (CHRU) de Lille, a-t-on appris, ce lundi. L’acte médical est encore peu pratiqué en France, mais il permet de soigner efficacement la maladie, comme l’attestent certaines publications scientifiques.

Sans aucune incision chirurgicale

On appelle ça, la thermoplastie bronchique. Sous anesthésie générale, l’intérieur des bronches du patient est chauffé à 65°. La technique, sans aucune incision chirurgicale, permet d’élargir les muscles qui entourent les bronches pour faciliter la respiration. « Il n’y a pas de destruction des tissus. On réduit uniquement la masse musculaire », explique le Dr Clément Fournier, pneumologue au CHRU de Lille.

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L’opération évite aussi la prise de corticoïdes, « traitement qui peut entraîner des effets indésirables comme la prise de poids, le diabète, l’ostéoporose ou la fonte musculaire », précise le Dr Stéphanie Fry, elle aussi pneumologue.

« Ce traitement semble très prometteur »

Chez plus des deux tiers des asthmatiques traités par la chaleur, les chercheurs constatent une réduction importante du nombre de crises annuelles. Les études médicales rapportent des résultats qui se maintiennent durant les cinq années suivant le traitement en cas de succès, note le CHRU de Lille.

« Ce traitement semble très prometteur et a déjà changé la vie de ma patiente, témoigne une autre pneumologue, le Dr Cécile Chenivesse à propos de la première patiente soignée. Elle fait toujours des crises mais plus comme avant. Sa fonction respiratoire s’est améliorée et il a été possible de baisser sa dose de cortisone orale. »

Entre 200.000 et 400.000 personnes souffrent d’un asthme sévère en France.