Intoxications aux champignons: Quelles précautions prendre?

POISON La cueillette de champignon est de saison, mais elle peut s’avérer dangereuse : les autorités alertent sur plus de 1.000 intoxications qui peuvent parfois être mortelles…

Oihana Gabriel

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Ce champignon est une amanite phalloïde, principale responsable des intoxications mortelles.
Ce champignon est une amanite phalloïde, principale responsable des intoxications mortelles. — Pixabay
  • Le ministère de la Santé s’inquiète d’un pic d’intoxication aux champignons vénéneux depuis quelques mois.
  • Sur les 1.179 intoxications, les autorités ont répertorié 32 cas graves, dont un décès.
  • L’occasion de rappeler, avec l’aide d’un spécialiste des champignons les bons réflexes à prendre pour éviter de s’empoisonner.

Si vous voulez profiter de ces vacances de la Toussaint pluvieuses pour partir à la cueillette de champignons, cet article pourrait vous être utile. Depuis début juillet, les centres antipoison ont répertorié 1.179 intoxications aux champignons, dont 32 cas graves. C’est beaucoup en quatre mois, alors que normalement une cinquantaine de cas graves sont constatés chaque année. La Direction générale de la Santé s’est inquiétée, dans un communiqué, de ce pic d’intoxication aux champignons. Et rappelle quelques bonnes pratiques, sachant que 94 % des intoxications sont liés à des consommations de particuliers. Quels sont les bons réflexes à prendre avant de proposer une bonne poêlée de champignons vénéneux à toute la famille ?

 

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Comment reconnaître les champignons dangereux ?

Mauvaise nouvelle, il est difficile de repérer les champignons qui risquent de vous envoyer à l’hôpital. « Malheureusement, il n’existe pas de critère absolu pour savoir si un champignon est mauvais ou bon, souligne Alain Champagne, membre de la Société mycologique de France (SMF). Chaque champignon vénéneux a un sosie comestible, c’est de cette confusion que viennent les accidents. Quand on ne connaît pas, il faut apprendre les caractéristiques de ces champignons. » Et surtout celles de l' amanite phalloïde, principale responsable des décès. « La couleur du chapeau peut aller du blanc jusqu’au vert foncé, informe Alain Champagne. Quand les formes sont blanches, on risque de les confondre avec les rosés-des-prés, tout à fait comestibles. Mais pour les différencier, il faut retourner le champignon, si les lames, qui ressemblent à des rayons de bicyclette, sont blanches, c’est une amanite phalloïde, alors qu’en vieillissant, elles deviennent noires sur les champignons sans danger. »

Autre réflexe à prendre : ne pas couper le champignon, mais le déterrer avec précaution. « Le pied de l’amanite phalloïde a deux caractéristiques : un anneau qui ressemble à une petite jupette et le pied se termine à une volve engainante, comme un petit sac où le pied se loge, reprend le spécialiste des champignons. Si vous coupez le champignon trop haut, on ne peut pas l’identifier. »

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Quels sont bons réflexes pendant la cueillette ?

Côté pratique, préférer un panier au sac plastique. « Le champignon est un très bon support des bactéries, plus il chauffe, plus cela favorise leur développement, qu’ils soient comestibles ou pas », insiste Alain Champagne. Qui conseille aussi de « séparer toutes les espèces. Si vous vous rendez compte par la suite qu’un seul champignon dangereux est mélangé avec les comestibles, vous serez obligés de tout jeter ». Est-ce que toucher un champignon vénéneux nécessite d’appeler les secours ? Non, répond le spécialiste. « Je vois beaucoup de cueilleurs en forêt avec des gants. Mais il n’est pas nécessaire de protéger ses mains, car le poison ne traverse pas la barrière de la peau. »

Quelles précautions prendre avant de les faire cuire ?

Le premier conseil à suivre, c’est de ne pas manger ces champignons crus ! « En cas de doute, il est indispensable de faire identifier sa récolte par un spécialiste, pharmaciens ou mycologues », rappellent les autorités sanitaires dans leur communiqué. Autre astuce : prendre une photo des champignons avant de les faire cuire, pour faciliter le travail du centre anti-poison.

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Quels sont les symptômes inquiétants ?

Diarrhées, nausées et surtout vomissements. « En gros, les symptômes de la gastro-entérite, mais c’est plus grave, résume le spécialiste des champignons. Quand il y a une intoxication fongique, les symptômes interviennent de deux à quatre heures après le repas. Quand ils commencent après 5 ou 6 heures, c’est plus grave. »

Comment réagir ?

« En cas d’apparition d’un ou plusieurs symptômes, diarrhées, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue, appelez immédiatement le 15 ou le centre antipoison de votre région », précise le ministère de la Santé dans son communiqué. « Une amanite phalloïde peut vous tuer en trois jours car elle détruit le foie », renchérit le mycologue. Qui insiste : « quand vous appelez les secours, il faut spécifier qu’on a mangé des champignons. Les hôpitaux sont malheureusement engorgés et plus tôt vous serez soigné, plus vous avez des chances de survie. »