La prothèse vaginale Prolift visée par des plaintes dans le monde entier

SCANDALE Une prothèse vaginale Prolift serait à l’origine de terribles douleurs pendant les rapports sexuels mais également de nécroses, d’hématomes et même de perforations de la vessie et du rectum…

20 Minutes avec agence

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Une prothèse vaginale Prolift serait à l’origine de terribles douleurs (illustration)
Une prothèse vaginale Prolift serait à l’origine de terribles douleurs (illustration) — Pixabay

La prothèse vaginale Prolift, inventée par des médecins français, fait l’objet d’une centaine de plaintes dans le monde entier, rapporte ce mercredi L'Obs. Les utilisatrices dénoncent les graves effets secondaires et les souffrances entraînées par ce dispositif.

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La prothèse, semblable à un filet déployé dans le vagin, est destinée à empêcher les descentes d’organes. Les collectifs de femmes décrivent des douleurs, des inflammations vaginales et des nécroses. Le scandale sanitaire touche l’Australie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas.

Certains spécialistes n’étaient pas formés pour poser le dispositif

Comme le précise L’Obs le Prolift a été conçu par des médecins français puis commercialisé à partir de 2005 par le laboratoire Johnson & Johnson.

La prothèse est composée d’un filet constitué de mailles en plastique, accroché à des ligaments et inséré par voie vaginale. Mais le filet a rapidement montré ses limites. La matière utilisée, trop lourde, peut tirer sur les terminaisons nerveuses et entraîner des problèmes de cicatrisation et des réactions inflammatoires. De nombreux spécialistes n’étaient par ailleurs pas formés pour poser le Prolift.

Nécroses, hématomes, perforations de la vessie ou du rectum…

Résultat, la prothèse a été interdite aux Etats-Unis en 2012 et en France en 2013. Des femmes utilisant le système ont rapporté des douleurs extrêmes sur les parois vaginales à cause du frottement du dispositif, l’apparition d’une boule au fond du vagin ou encore des perforations de la vessie ou du rectum, des nécroses ou des hématomes. Certaines patientes décrivent un dispositif qui « cisaille le vagin », qui fait l’effet d’un « papier de verre » ou d’une « râpe à fromage ».

La première version de la notice du Prolift ne mentionnait pas de risques de douleurs lors des rapports sexuels. Des patientes américaines ont ainsi reçu des millions de dollars de compensation après avoir lancé une procédure judiciaire.

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Près de 100.000 femmes concernées dans le monde

Les neuf chercheurs à l’origine du Prolift sont également accusés d’avoir caché les effets secondaires pour continuer à tirer profit de leur produit, ce que nient les intéressés. La question a en tout cas été soulevée lors du procès australien en juillet dernier.

L’Obs évalue à 5,5 millions d’euros le prix de vente du brevet du filet à Johnson & Johnson et explique que les médecins étaient payés « 1.000 à 2.000 euros la journée » pour former les chirurgiens à la pose du Prolift. En 2008, la revue médicale Pelvimag estimait à 100.000 le nombre de femmes ayant reçu la prothèse dans le monde.