Lyon: Après le décès d'un petit garçon de 10 ans, que sait-on sur la rage?

SANTE L'enfant, qui avait été mordillé cet été par un chiot, est décédé mardi soir à Lyon...

Caroline Girardon
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Le vaccin contre la rage est fortement recommandé dans certains pays (illustration).
Le vaccin contre la rage est fortement recommandé dans certains pays (illustration). — FRANCOIS GUILLOT
  • L’enfant de 10 ans, qui a contracté la rage au mois d’août après avoir été mordillé par un chiot au Sri Lanka, est décédé mardi soir.
  • 20 Minutes fait le point sur cette maladie et les risques encourus.

Le petit garçon de 10 ans, qui avait contracté la rage lors d’un séjour au Sri Lanka cet été, est décédé mardi soir à Lyon. Originaire de Chasselay dans le Rhône, l’enfant avait été mordillé par un chiot avec lequel il s’amusait sur une plage. Voyant que la blessure de leurs fils était sans gravité, les parents ne sont alors pas inquiétés. Mais la maladie s’est déclarée un mois et demi après. Il s’agit d’un cas très rare en France.

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La rage existe-t-elle en France ? Le petit garçon est la 24ème personne en France à avoir contracté la rage depuis 1970. Dans chaque cas, sans exception, il s’agit uniquement de personnes ayant été contaminée lors d’un séjour à l’étranger où le virus circule encore.

« La France est reconnue indemne de rage depuis 2001. Le dernier cas autochtone chez l’homme remonte à 1924 », indique l’Agence régionale de la santé (ARS) en Rhône-Alpes. « Il n’y a aucun risque d’attraper la maladie sur le territoire français même si théoriquement c’est possible dans deux cas : si l’on importe illégalement des animaux infectés, qui vivent dans des zones endémiques et si l’on se fait mordre par une chauve-souris », ajoute Christine Saura, responsable de la cellule santé publique France en Rhône-Alpes.

Le premier scénario ne s’est jamais vu. Et le second a été constaté une fois en 2008. Mais c’était en Guyane, et non sur le sol métropolitain.

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La maladie peut-elle se transmettre d’homme à homme ? En théorie, oui. La rage peut se répandre par un contact salivaire ou par les larmes. « Mais aucune transmission interhumaine de cette maladie n’a été démontrée à ce jour dans le monde », précise Anne-Marie Durand, directrice de la santé publique à l’ARS. En d’autre terme, le risque existe mais la rage ne s’est encore jamais transmise d’homme à homme.

« Il y a seulement quatre cas au monde où c’est arrivé mais on était dans des schémas très différents, ajoute-t-elle. Il s’agissait de quatre patients qui avaient été greffés de la cornée et dont les donneurs étaient infectés. »

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Peut-on guérir de la rage ? « Il n’existe actuellement aucun traitement curatif lorsque la maladie est déclarée », révèle le docteur Bruno Morel, directeur délégué de la vieille sanitaire à l’ARS Rhône-Alpes. Il y a eu seulement un cas au monde, où le patient s’en est sorti. Il s’agit d’une fillette de 8 ans vivant aux Etats-Unis.

La période d’incubation chez l’homme est de durée variable, en moyenne de 20 à 60 jours mais elle peut aller à plusieurs mois dans certains cas, plus rares. Pendant cette période (le plus tôt est le mieux), on peut encore se faire vacciner dans un centre antirabique. Ce qui annule directement les risques que le virus se développe. « Le vaccin protège immédiatement. Il est efficace à 100 % », confirme le médecin.

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Comment se prémunir ? La meilleure solution reste la vaccination, selon l’ARS. « La rage est responsable d’environ 59.000 décès par an dans le monde », rappelle Anne-Marie Durand. Et d’ajouter : « On ne le répétera jamais assez mais il est très important d’avoir une vigilance particulière avant de se rendre dans un pays étranger. Le mieux est de se renseigner et de faire le vaccin s’il est recommandé ».