Déserts médicaux: Le gouvernement dévoile son plan aujourd'hui

POLITIQUE La lutte contre les déserts médicaux fait partie des priorités de la ministre de la Santé, qui va dévoiler en Haute-Vienne un plan...

20 Minutes avec AFP
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Nicole Belloubet, Edouard PHILIPPE et Agnès Buzyn à l’Assemblée Nationale, le 11 Octobre 2017.
Nicole Belloubet, Edouard PHILIPPE et Agnès Buzyn à l’Assemblée Nationale, le 11 Octobre 2017. — SIPA

Emmanuel Macron avait pris des engagements pendant la campagne pour lutter contre les déserts médicaux. Ce vendredi, c'est son Premier ministre Edouard Philippe et sa ministre de la Santé, qui se rendront à Châlus (Haute-Vienne) pour dévoiler leur plan.

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Une pénurie de médecins localisée

«J'ai placé la question de l'accès aux soins au rang de mes priorités», a redit mercredi, devant l'Assemblée, la ministre de la Santé Agnès Buzyn. L'urgence de la situation est illustrée par les nombreux cas médiatisés de médecins cherchant désespérément un successeur pour partir à la retraite, ou de communes obligées de faire appel à un chasseur de têtes pour recruter des médecins roumains, sans oublier les patients en mal de médecin traitant.

La France n'a jamais compté autant de médecins (plus de 215.000 en 2015) mais la profession, vieillissante et mal répartie, peine à se renouveler, en particulier chez les généralistes libéraux.

Tout le pays est concerné, et pas seulement les campagnes, selon l'Ordre des médecins, qui prédisait l'année dernière un quart de généralistes en moins en 2025 par rapport à 2007. Fin 2015, 8% de la population résidait dans une commune manquant de généralistes, selon la Drees.

La pénurie laisse les élus «impuissants» voire «désespérés», selon Isabelle Maincion, co-présidente de la commission santé de l'Association des maires de France, qui espère un plan «décoiffant».

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Des solutions complémentaires

Conformément à une promesse du candidat Macron, le gouvernement entend doubler le nombre de ces structures (910 en mars 2017) et développer les centres de santé (où travaillent des salariés), en leur consacrant 400 millions d'euros sur le quinquennat.

«Il n'existe pas de solution unique», a rappelé Agnès Buzyn, qui a consulté élus et blouses blanches.

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Au développement des maisons de santé s'ajoutera ainsi celui de la télémédecine ou encore des «pratiques avancées entre professionnels» (infirmiers réalisant des actes médicaux par exemple). Les médecins hospitaliers ou libéraux devraient également pouvoir se détacher «dans les zones désertifiées».

Il s'agira de favoriser la «coopération» entre professionnels et entre la ville et l'hôpital, de dépasser «les cloisonnements institutionnels» et d'accélérer «l'innovation organisationnelle» grâce à un fonds dédié.

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Pour un «partage de tâches»

Une stratégie saluée par le chirurgien Guy Vallancien, membre de l'Académie nationale de médecine et fervent défenseur du «partage de tâches» entre professionnels, domaine où la France accuse un retard par rapport aux pays anglo-saxons.

Pour lui, la «moitié des actes médicaux pourraient être délégués», comme la vaccination, actuellement expérimentée par les pharmaciens, ou l'«établissement de certificats d'aptitude au sport». Un «chantier difficile» parce qu'il heurte «la tradition des médecins responsables de tout», reconnaît-il.

Pas de mesure contraignante

Nombre d'élus réclament des mesures contraignantes, mais la ministre a déjà fait savoir qu'elle ne toucherait pas à la libre installation, rappelle Isabelle Maincion, favorable à plus de «souplesse» dans la labellisation des maisons de santé pluri-professionnelles.

Pas de suppression du numerus clausus

La suppression du numerus clausus (nombre d'étudiants admis en seconde année de médecine, récemment relevé par le précédent gouvernement), en revanche, ne semble pas à l'ordre du jour, à la satisfaction des syndicats d'internes, qui la jugent inefficace pour lutter contre les déserts médicaux.

Mieux vaut «favoriser les stages» dans les cabinets de ville, estime Maxence Pithon, président du syndicat d'internes Isnar-IMG.