Cancer: L'efficacité des nouveaux médicaments remise en cause par des chercheurs

ETUDE 57 % des nouveaux anticancéreux autorisés en Europe n’ont pas apporté la preuve qu’ils amélioraient la survie ou la qualité de vie des patients, selon une étude…

20 Minutes avec agences

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57% des nouveaux médicaments contre le cancer n'auraient pas prouvé leur efficacité (illustration).
57% des nouveaux médicaments contre le cancer n'auraient pas prouvé leur efficacité (illustration). — Pixabay

Plus de la moitié des nouveaux médicaments contre le cancer n’ont pas démontré de réelle efficacité, selon une étude réalisée par des spécialistes en santé publique de la London School of Economics et du King’s College de Londres.

48 nouveaux anticancéreux entre 2009 et 2013

Les données, publiées ce mercredi dernier dans la revue britannique The British Medical Journal, portent sur les nouveaux médicaments contre le cancer utilisés dans l’Union européenne entre 2009 et 2013. Dans ce laps de temps, 48 nouveaux anticancéreux ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) de l’Agence européenne du médicament, dans 68 indications différentes.

Les principaux critères retenus pour évaluer l’intérêt d’un nouveau traitement sont l’amélioration de la qualité de vie et l’augmentation de la durée de vie des patients. Or, sur les 68 nouveaux traitements, 39 (soit 57 %) auraient reçu le feu vert du régulateur européen sans avoir démontré de véritables progrès par rapport aux traitements existants.

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Les chercheurs estiment que cette situation pourrait nuire aux patients

Il semble, selon les chercheurs, qu’un certain nombre de ces nouveaux remèdes aient reçu l’agrément de l’Agence européenne du médicament sur la base de résultats trop préliminaires pour conclure à un réel bénéfice. Et même pour les études concluant à des gains de durée de vie, « ces derniers étaient souvent marginaux », ajoutent-ils.

L’Agence européenne se défend de conclusions trop hâtives et souligne avoir « largement discuté des preuves étayant les médicaments anticancéreux ». Elle ajoute être ouverte à tout « nouveau débat » sur le sujet.

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Reste que les auteurs de l’étude s’interrogent sur « les normes actuelles en matière de réglementation des médicaments » et s’inquiètent d’une situation qui pourrait « nuire aux patients et entraîner un important gaspillage de ressources publiques ».