VIDÉO. Cigarette électronique : le point sur le diacétyle, substance controversée

FAKE OFF La reprise d'une étude américaine par plusieurs sites sème le doute...

Mathilde Cousin

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Une norme française exclut le diacétyle de la composition des e-liquides.
Une norme française exclut le diacétyle de la composition des e-liquides. — BARON ALAIN/SIPA
  • En 2015, des chercheurs de Harvard ont analysé la présence de diacétyle dans les arômes de cigarettes électroniques.
  • Cette étude a été reprise avec des titres alarmistes.
  • En France, une norme volontaire interdit la présence de diacétyle dans les arômes.

Que contiennent vraiment les e-liquides consommés par les vapoteurs en France ? Une étude publiée en 2015 par l’université de Harvard jette le doute sur le diacétyle, une substance retrouvée par les chercheurs dans les cigarettes électroniques. Cette molécule sert notamment à donner un goût proche du beurre à certains liquides aromatisés. Le diacétyle est associé à une maladie des poumons, la bronchiolite oblitérante, observée chez les travailleurs de l’industrie du pop-corn aux Etats-Unis.

Cette étude américaine, qui a été publiée il y a deux ans, est régulièrement reprise sur internet, avec des titres plutôt alarmistes.

FAKE OFF

Les consommateurs français doivent-ils vraiment s’alarmer ? En France, une norme AFNOR proscrit la présence de diacétyle dans les e-liquides. Cette norme est volontaire, c’est-à-dire que les fabricants d’e-liquide ne sont pas contraints juridiquement de l’adopter. Plusieurs membres de la  Fédération Interprofessionnelle de la Vape (FIVAPE), qui représente les intérêts des professionnels des produits de la vape et de la cigarette électronique, ont contribué à l’élaboration de cette norme.

L’AFNOR précise à 20 Minutes qu' « une dizaine de dossiers (déposés par des fabricants) sont en cours d’examen chez AFNOR certification ». Plusieurs gammes de e-liquides d’un fabricant ont déjà été certifiées. Pour savoir si un produit est certifié, le consommateur doit chercher la mention « E-liquides certifiés par AFNOR Certification ». Selon Jean Moiroud, le président de la FIVAPE et fabricant d’e-liquide, « il y a une grande vigilance de la part des producteurs. Aujourd’hui, l’immense majorité des fabriquants n’ont pas de diacétyle dans leur produit. »

OK, mais elle disait quoi cette étude américaine ?

Les scientifiques de Harvard se sont penché sur 51 types de cigarettes électroniques. Le diacétyle a été détecté « au-dessus la limite de détection fixée en laboratoire dans 39 des 51 arômes testés. » Le taux maximum relevé est de 239 μg par cigarette électronique.

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Les chercheurs en concluent qu’il faut approfondir « urgemment » l’évaluation de cette « potentielle exposition directe » au diacétyle via les arômes des cigarettes électroniques, « à cause des associations entre le diacétyle et la bronchiolite oblitérante et d’autres maladies respiratoires sérieuses observées chez les travailleurs. » L’étude ne fait néanmoins pas un lien direct entre le diacétyle et la bronchiolite oblitérante, aussi connue sous le nom de « popcorn lung » (poumons pop corn).

Les consommateurs français doivent-ils s’inquiéter ?

Les scientifiques américains n’ont pas communiqué la liste des produits testés. Rien n'
indique qu’ils ont testé des produits vendus en Europe. « Cette étude ne rappelle pas qu’il y a 10 à 100 fois plus de diacétyle dans les cigarettes de tabac », ajoute Jean Moiroud.

Le Haut Conseil de la santé publique, dans un avis rendu en 2016 sur les « bénéfices-risques » de la cigarette électronique, souligne que « ces travaux pionniers méritent attention mais aussi prudence. Ils démontrent certes la non-innocuité de la vapeur de cigarette électronique mais ne permettent pas de comparer pour le moment les sur-risques de morbi-mortalité attribuables à la consommation du tabac et ceux, potentiels, de la vapeur de cigarette électronique. » Le Haut Conseil ne dédouane pas à 100 % la cigarette électronique, mais indique, que, face aux ravages causés par le tabagisme et en l’état actuel des connaissances, la e-cigarette présente un risque moindre…

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