Contraception: Une piste prometteuse pour mettre au point une pilule masculine efficace

ETUDE Des chercheurs marseillais ont découvert une nouvelle piste pour mettre au point une pilule contraceptive masculine. Ils travaillaient pourtant à l’origine sur la leucémie…

20 Minutes avec agence
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Grâce aux travaux de chercheurs marseillais, les hommes aussi pourraient avoir leur pilule contraceptive (illustration).
Grâce aux travaux de chercheurs marseillais, les hommes aussi pourraient avoir leur pilule contraceptive (illustration). — DURAND FLORENCE/SIPA

La recherche médicale réserve parfois des surprises. Alors qu’ils travaillaient sur la leucémie, des chercheurs français du Centre de recherche en cancérologie de Marseille ont finalement découvert une piste prometteuse pour la mise au point d’une pilule contraceptive masculine.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue Plos Genetics. « Le cœur de nos travaux consiste à comprendre si un défaut d’expression ou de régulation de certaines protéines présentes à la surface des cellules, comme la protéine JAM-C, explique l’évolution de cellules-souches du sang vers une forme cancéreuse », explique Michel Aurrand-Lions, responsable des recherches.

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L’équipe a donc développé des souris dépourvues de cette protéine et s’est alors aperçue que, au sein de ce groupe, tous les mâles étaient stériles. Les scientifiques ont exploré cette piste et ont remarqué que la JAM-C participait à la maturation des spermatozoïdes.

Des souris mâles stériles

Elle serait même indispensable à l’étape de la polarisation qui donne cet « aspect en têtard, si caractéristique des spermatozoïdes », précise l’Inserm qui a repris l’étude. Cette protéine jouerait donc un rôle déterminant dans la spermatogenèse.

Les chercheurs ont ensuite découvert que la JAM-C interagissait avec une autre protéine appelée GRASP55. « En inhibant l’expression du gène GRASP55, nous avons de nouveau observé que les mâles étaient stériles », explique Michel Aurrand-Lions.

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Une molécule pour bloquer la spermatogenèse

Les chercheurs marseillais en ont donc conclu qu’en empêchant l’interaction entre ces deux protéines, il était possible de stopper la maturation des spermatozoïdes et de rendre stériles des souris, et donc peut-être un jour des hommes.

Ils ont alors identifié trois molécules qui pouvaient jouer ce rôle. Parmi elles, la graspine qui a permis le blocage transitoire de la spermatogenèse, associé à une bonne tolérance chez les souris. « Des molécules plus stables doivent maintenant être développées », tempère Michel Aurrand-Lions.

Mais le travail du Centre de recherche en cancérologie de Marseille sur le développement de ces molécules s’arrête là. Les scientifiques ont repris leurs recherches sur la leucémie. D’autres équipes devront prendre le relais pour peut-être, un jour, mettre au point une pilule masculine.