Santé mentale: Être un «mauvais» végétarien multiplierait par deux le risque de dépression

NUTRITION Les végétariens qui souffrent d’une carence en vitamine B12, et ceux qui mangent trop de noix et de légumineuses seraient particulièrement concernés…

20 Minutes avec agence

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Une assiette végétarienne.
Une assiette végétarienne. — Pixabay

Végétariens, attention aux carences alimentaires. Les personnes 100 % végétariennes seraient presque deux fois plus touchées par la dépression que les personnes qui consomment de la viande. Selon une ​étude britannique publiée dans la revue scientifique Journal of Affective Disorders, les personnes qui s’astreignent à un régime exclusivement végétal présentent un plus fort risque de carence en vitamine B12, un élément important du système de régulation de l’humeur.

Ils sont aussi exposés à d’autres facteurs de risque de troubles de l’humeur, comme un excès d’oméga-6, que l’on retrouve notamment dans certaines noix, et un taux élevé en phyto-oestrogènes, issus d’un régime riche en légumineuses, légumes et soja.

La faute à une carence en vitamine B12

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de l’université de Bristol se sont intéressés à 10.000 hommes adultes, dont 350 végétariens. Leurs travaux ont montré que 7 % des végétariens et 50 % des végans souffraient d’une carence en vitamine B12.

Cette vitamine, qui ne se trouve pas dans la nature et très peu dans les produits laitiers et les œufs, est recommandée sous forme de compléments alimentaires aux personnes ne mangeant pas de viande, notamment pour aider au bon fonctionnement du cerveau. Une carence en vitamine B12 pourrait en partie expliquer une plus grande fréquence des troubles de l’humeur chez les végétariens.

L’excès d’oméga-6 serait mauvais pour l’humeur

Les chercheurs ont également mis en avant que les végétariens qu’ils avaient suivis consommaient plus de noix de Grenoble et de noix de Brésil. Ce sont des aliments riches en oméga-6, une substance considérée comme néfaste lorsqu’elle est consommée en excès. La forte consommation de légumes et de soja de ces participants a par ailleurs pu faire augmenter en excès leur taux de phyto-œstrogènes, expliquent les scientifiques, un autre facteur susceptible d’influencer l’humeur.

Ainsi, en cas de régime végétarien, les bons acides gras essentiels (oméga-3), « bons pour le moral », seraient à privilégier. On les retrouve notamment dans les graines de lin, les graines de chia, dans la mâche, les amandes, l’huile de colza ou encore certains poissons gras.

De plus en plus de végétariens en France

Les conclusions des spécialistes sonnent comme une importante mise en garde au moment où les régimes végétariens et végans sont de plus en plus répandus dans les pays riches, comme l’a montré en février une enquête Harris Interactive.

2 % des Américains et 4 % des Français se disent ainsi végétariens. En France, 32 % de la population consommerait par ailleurs moins de viande que deux ans auparavant.

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