Alcool et grossesse: Coup d'envoi ce vendredi du Safthon pour sensibiliser sur les dangers

GROSSESSE Chaque année, 8.000 bébés français naissent avec des séquelles physiques ou comportementales dues à l'alcoolisation de leur mère pendant la grossesse...

20 Minutes avec agence
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Illustration - Une femme enceinte qui boit un verre d'alcool
Illustration - Une femme enceinte qui boit un verre d'alcool — TEICH/CARO FOTOS/SIPA

Pour alerter sur la réalité et les dangers du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), le pédiatre réunionnais Denis Lamblin lance, ce vendredi, la première édition du Safthon, sur le modèle du téléthon.

L’opération dure 30 heures pendant lesquelles il est possible de faire un don sur le site internet de l’association SAF France ou par téléphone au 32 20.

Alcool et grossesse : un cocktail très dangereux

Cinquante parents, chercheurs et autres médecins sont mobilisées pour l’occasion. Combiné à la journée internationale de prévention des Troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), organisée elle aussi le 9 septembre, le Safthon a pour objectif de sensibiliser sur les risques liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse.

En effet, la barrière du placenta n’est pas efficace pour retenir l’alcool ingurgité par les femmes enceintes. La substance atteint alors le liquide amniotique où elle peut contrarier le développement du bébé. « Un verre d’alcool dans l’organisme de la maman équivaut à un verre d’alcool dans l’organisme du fœtus. Il est même encore plus alcoolisé que sa mère puisqu’il conserve beaucoup plus longtemps la substance dans le liquide amniotique », a confié le pédiatre à Magicmaman.

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Malformations physiques, hyperactivité, problèmes d’adaptation sociale

A la clé, de potentielles malformations physiques mais aussi des troubles du comportement comme l’hyperactivité ou des problèmes d’adaptation sociale. Ces symptômes touchent 1,3 million de bébés dans le monde chaque année, dont 8.000 en France.

Voilà pourquoi Denis Lamblin prône la sobriété complète pendant la grossesse, et en appelle aussi à une prise de conscience du corps médical. « Lorsqu’un enfant présente des troubles du comportement, aucun médecin ne pense à demander à sa mère si elle a bu de l’alcool. C’est quand même fou ! », s’insurge le pédiatre auprès du Parisien.

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« Il faut en parler à temps »

D’autant plus que des solutions existent pour les futures mères qui avertissent leur médecin à temps. Elles peuvent être accompagnées par l’un des 300 centres d’action médicaux-sociaux français.

Elles sont alors suivies comme grossesse à risque et les nourrissons font l’objet d’une surveillance renforcée après la naissance. « Les troubles du développement de l’enfant peuvent être réduits de moitié, il peut même être autonome plus tard, rassure Denis Lamblin. Mais il faut en parler à temps ».