Hot water challenge ou accident domestique: Comment réagir en cas de brûlure?

PRATIQUE Cet été, entre le hot water challenge, les brûlures pour cause de coques de smarphones dangereuses et les habituels accidents domestiques, mieux valait savoir comment apaiser et soigner ces plaies...

Oihana Gabriel

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Illustration d'une personne avec une allumette. Environ 9.000 personnes en moyenne sont hospitalisées pour des brûlures graves en France.
Illustration d'une personne avec une allumette. Environ 9.000 personnes en moyenne sont hospitalisées pour des brûlures graves en France. — Pixabay
  • Cet été, un nouveau défi a fait son apparition sur les réseaux sociaux: le hot water challenge, qui a tué au moins une personne et fait de nombreux blessés.
  • Les blessures par le feu, la glace, des produits chimiques sont courantes en France, environ 9.000 personnes sont hospitalisées chaque année. 
  • 20 Minutes propose quelques conseils pratiques pour savoir comment réagir en cas de brûlure. 

Cet été a vu apparaître l’un des challenges de la Toile les plus dangereux (et stupide!) : le Hot water challenge.

Inspiré du Ice Bucket Challenge, celui-ci consiste à s’asperger d’eau brûlante… Et même les pompiers de Paris ont alerté sur les risques d’un défi qui a tué une petite fille américaine et envoyé à l’hôpital plusieurs victimes ébouillantées.

Mais sans relever ce défi de l’extrême, nul n'est à l'abri d'un barbecue instable, d'un débordement impromptu d'eau brûlante, des coques à paillettes de smartphone dangereuses et autres accidents ménagers... Selon la dernière étude de Santé Publique France (anciennement l’Institut de Veille sanitaire), environ 9.000 personnes sont hospitalisées chaque année pour des brûlures. Et un peu plus de 200 personnes en meurent. Comment réagir en cas de brûlure ? 20 Minutes liste quelques conseils pratiques.

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Quels sont les bons réflexes ?

Pour ces accidents courants, il faut savoir réagir vite et bien. Car «le risque principal, c'est l'infection», précise  David Picovski, chirurgien plastique à Paris.

« La première chose à faire, c’est de refroidir la zone touchée, prévient Marc Chaouat, chirurgien au service des brûlés de Saint-Louis. Car cela diminue la profondeur de la plaie. D'autant que la brûlure continue à attaquer la peau dans les minutes qui suivent l’accident. »

Mais attention, pas avec n’importe quoi ! « Le mieux, c’est de laisser couler de l’eau froide du robinet, autour de 15 degrés pendant 15 minutes, reprend le chirurgien du Centre des grands brûlés de Saint-Louis. « Et mieux vaut éviter l’eau stagnante car le récipient ou même l’évier ne sont pas forcément propres et peuvent entraîner des infections. Mais surtout ne jamais mettre de glace, ce qui risque d’accentuer la brûlure. Quant au beurre, huile, dentifrice et autres remèdes maison, ce ne sont que des grigris inefficaces ! »

«Mieux vaut éviter également de mettre du mercurochrome ou de l'éosine, cela peut gêner un médecin qui doit évaluer la gravité de la plaie, renchérit David Picovski. Autre précaution à prendre : « ne pas enlever les vêtements quand ils sont collés à la peau», souligne Marc Chaouat.

Comment évaluer la gravité de la blessure ?

Pas évident de savoir si une brûlure s’annonce dramatique ou légère. On différencie en général ces blessures par le feu, le soleil, le froid ou le frottement en trois types : du premier au troisième degré. « Une brûlure de deuxième degré fait parfois davantage souffrir qu’une plus grave », nuance Marc Chaouat. Comment donc savoir s’il y a urgence ? Une brûlure au premier degré se résume en général à une rougeur et une sensibilité au toucher. « La sensibilité est rassurante, reprend-il. En revanche, si la peau devient dure, insensible, avec un aspect cartonné, alors il faut s’inquiéter. » Car cela peut être le signe que les nerfs sont attaqués.

Autre indice : la couleur cette fois. « Si la peau est rouge, la brûlure est légère, mais si elle devient blanche ou noire, il y a urgence », synthétise le chirurgien.

Quand consulter?

« Il vaut mieux avoir la consultation facile, car un néophyte aura du mal à différencier une brûlure bénigne et sérieuse», prévient Marc Chaouat. La surface de la plaie est un indice: «si ça dépasse 20 paumes de main, soit 20% du corps, il y a un risque vital, on se pose pas de question et on appelle un centre de grand brûlé, explique David Picovski. Si le blessé est un nourrisson ou une personne âgé, on consulte dès que la blessure atteint 5 % du corps.»

Qui appeler? Si le patient estime que la plaie s’avère sérieuse, direction les urgences. Si c’est un petit accident de fer à repasser, on peut prendre un avis dans un centre spécialisé des brûlés ou son médecin traitant.

Comment se soigner ?

Si on estime qu'on peut se passer d'avis médical, il faut recouvrir la plaie d’un produit gras, de la vaseline. Si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser un linge propre humidifié pour diminuer la douleur. Oubliez en revanche la biafine pour une plaie de 2e et 3e degré: «les brûlologues n’aiment pas ce produit qui fait des dépôts blanchâtres prisés des bactéries, avance David Picovski. Si une cloque apparaît, il faut faire des pansements quotidiens avec du gras pour éviter les infections. Et plus généralement, prendre des douches quotidiennes pour garder la plaie propre.» 

Et le lendemain ? « Si la plaie est plus étendue qu’on ne pensait, si des grands bouts de peau se décollent, si vous avez de la fièvre ou si cela reste très douloureux, il est encore temps de consulter !» reprend Dr Chaouat. Normalement, une brûlure du premier degré disparaît en quelques jours, une plus sérieuse en dix jours.