La ministre de la Santé écarte toute nocivité des adjuvants dans les vaccins

SOCIETE Une polémique s’est installée ces dernières années à propos des sels d’aluminium, utilisés depuis les années 1920 dans les vaccins comme « adjuvants »...

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la Santé Agnès Buzyn
La ministre de la Santé Agnès Buzyn — JACQUES DEMARTHON / AFP

Les adjuvants utilisés dans la fabrication des vaccins « ne sont pas nocifs », a assuré mercredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Elle a qualifié les craintes exprimées par des associations et certains médecins de « désinformation » des réseaux sociaux.

« Vous dites : "Pouvons-nous trouver des adjuvants moins nocifs ?" Mais ils ne sont pas nocifs pour la santé, tous les rapports le montrent », a-t-elle répondu, lors de la séance des questions au gouvernement, à la députée Frédérique Tuffnel (La République en marche). « Nous sommes dans l’irrationnel le plus total. Nous travaillons aujourd’hui à lutter contre les réseaux sociaux et à lutter contre la désinformation », a ajouté la ministre.

Les sels d’aluminium dans le viseur des détracteurs

Une polémique s’est installée ces dernières années à propos des sels d’aluminium, utilisés depuis les années 1920 dans les vaccins comme « adjuvants » pour déclencher une meilleure réponse immunitaire du corps et faire en sorte qu’ils soient plus efficaces.

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L’aluminium est présent aujourd’hui dans de nombreux vaccins : ceux qu’on administre dès la prime enfance pour prémunir de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite (DTP), ceux contre le virus de l’hépatite B ou contre le papillomavirus humain (HPV). « Nous avons sur les adjuvants un recul d’utilisation de 90 ans, plusieurs centaines de millions de doses de vaccins utilisées depuis que les vaccins existent », a affirmé Agnès Buzyn.

« Il n’est pas sain de refuser toute remise en cause d’un produit de santé »

Selon des travaux menés notamment par le chercheur Romain Gherardi, chef de service à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), les particules d’aluminium présentes dans les vaccins pourraient toutefois être à l’origine, chez des personnes génétiquement prédisposées, d’une série de symptômes (fatigues extrêmes, douleurs diffuses, troubles cognitifs…) constitutifs d’une nouvelle maladie : la myofasciite à macrophages.

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Sur la base de cette hypothèse, l’association E3M, notamment, milite pour la remise à disposition de vaccins sans aluminium et pour la reconnaissance du lien entre leurs troubles et la vaccination. « Il n’est pas sain de refuser toute remise en cause d’un produit de santé. C’est cette attitude qui génère la suspicion », a jugé Didier Lambert, le président d’E3M, dans une réaction transmise à l’AFP.

« Quelles sont les sources d’Agnès Buzyn », s’interroge par ailleurs le responsable associatif, qui cite une analyse parue ce mois-ci dans les Annales pharmaceutiques françaises, qui regrette les « faiblesses conceptuelles et méthodologiques » des études disponibles sur ce sujet.

Une mesure brutale et « nécessaire », justifie la ministre

Il ajoute déplorer que la ministre mette « dans des cases » les gens qui s’inquiètent des possibles effets neurotoxiques de l’aluminium et rappelle que les membres de son association restent « favorables à la vaccination » en général.

Le gouvernement a annoncé début juillet que le nombre de vaccins obligatoires pour la petite enfance passerait de 3 à 11 l’an prochain. Les parents récalcitrants encourent en théorie jusqu’à six mois de prison et 3.750 euros d’amende.

Interrogée par la députée de Charente-Maritime sur l’éventuel caractère « brutal » et contre-productif d’une telle mesure, compte tenu des inquiétudes existantes dans la population, Agnès Buzyn a affirmé être « obligée […] d’en passer par là », en raison de la baisse du taux de couverture vaccinale en France ces dernières années.

« S’il n’y avait pas d’obligation, nous savons que le taux de couverture baisserait, à cause de tous ces réseaux sociaux et à cause de cette désinformation », a-t-elle insisté.