Hygiène: Le nettoyage des stéthoscopes serait négligé par les médecins

ETUDE Des chercheurs américains ont observé 170 interventions et constaté qu’aucun médecin n’avait nettoyé son stéthoscope…

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une consultation chez le médecin.
Illustration d'une consultation chez le médecin. — Baleydier/SIPA

Les médecins ne seraient pas suffisamment rigoureux avec l’hygiène de leurs stéthoscopes, d’après une étude publiée dans l’ American Journal of Infection Control au début du mois de juillet. Résultat, l’instrument symbolique des professionnels de santé abriterait microbes et bactéries.

Aucun stéthoscope nettoyé en 170 interventions

Parmi les médecins observés pendant une semaine lors de 170 consultations à l’hôpital des anciens combattants du Connecticut (Etats-Unis), aucun n’aurait nettoyé son stéthoscope. Alors que 58 % des sujets se lavaient les mains avant l’interaction avec le malade et 63 % après celle-ci.

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Pourtant, parmi les professionnels de santé concernés figuraient des étudiants en médecine pour qui le nettoyage du matériel fait partie des épreuves lors de l’examen de deuxième année.

Le stéthoscope, nid à bactéries

Une étude suisse de 2014, et publiée dans Mayo Clinic Proceedings, avait précédemment montré la présence de nombreuses bactéries sur les stéthoscopes, dont le staphylocoque doré. La partie ronde de l’instrument, en contact avec les patients, présentait même un degré de contamination supérieur à l’ensemble des zones de la main, à l’exception de l’extrémité des doigts.

« Nous avions anticipé un faible taux d’hygiène concernant les stéthoscopes, mais nous avons été surpris qu’aucun des participants ne nettoie son outil », a commenté l’un des auteurs de l’étude.

« Les contaminations liées à des stéthoscopes sont faiblement documentées »

Reste que les résultats de l’étude américaine ne doivent pas forcément être généralisés. « J’ai eu l’occasion de travailler dans des services de maladies infectieuses où les règles d’hygiène étaient très strictes », tempère Patrice Bourée, professeur à l’Institut Alfred-Fournier de Paris, cité par Le Figaro.

Quant à Didier Pittet, un des auteurs des travaux de 2014, il nuance les risques liés à ces résultats : « Les mains demeurent le principal vecteur des infections, car ce sont des surfaces chaudes et parfois humides. En revanche, les contaminations liées à des stéthoscopes sont faiblement documentées ».