Variole: Des chercheurs recréent le terrible virus avec du matériel acheté sur Internet

VIRUS Des biologistes canadiens ont recréé une souche active de l'une des maladies les plus mortelles de l'histoire de l'humanité...

20 Minutes avec agence

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Les chercheurs ont utilisé du matériel acheté sur Internet pour dénoncer les carences de la législation actuelle (illsutration).
Les chercheurs ont utilisé du matériel acheté sur Internet pour dénoncer les carences de la législation actuelle (illsutration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Deux scientifiques viennent de prouver qu’il était possible de reconstituer le virus de la variole, l’une des maladies les plus mortelles de l’histoire de l’humanité, avec du matériel acheté sur Internet.

David Evans et Ryan Noyce, virologues à l’université d’Alberta à Edmonton, au Canada, ont récréé en laboratoire une souche active du virus.

88.000 euros dépensés

Les deux biologistes ont indiqué qu’ils se sont attelés pendant six mois à ce travail en se basant sur des fragments d’ADN, rapporte le magazine américain Science, qui a révélé l’histoire. Le coût de l’opération ? Environ 100.000 dollars, soit près de 88.000 euros.

Leur « fabrication artificielle » de la variole en laboratoire n’est toutefois pas contagieuse pour l’homme : il s’agit seulement d’une souche équine de la maladie. Mais la forme humaine pourrait être reproduite à partir de leurs techniques.

Le risque d’une guerre bactériologique

Les scientifiques veulent ainsi souligner les défaillances des législations actuelles, qui ne permettent pas d’empêcher ce genre de production. Avec un risque : que des terroristes ou des nations malveillantes mettent au point des souches de variole contagieuses pour l’homme.

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Un rapport de l’OMS publié en novembre 2016 indiquait que le travail de recherche de David Evan n’avait pas requis de « connaissance ou d’expertise biochimiques exceptionnelles, ni d’investissement ou de temps particulièrement importants ».

Un virus éradiqué depuis 1980

La variole a été déclarée éradiquée en 1980. Elle ne survient plus de façon naturelle, mais des stocks de virus variolique sont encore conservés dans deux laboratoires de confinement renforcé.

La polémique autour de leur destruction est toujours d’actualité. « La destruction des dernières souches éviterait des contaminations accidentelles, mais elle empêcherait aussi de mettre au point de nouveaux vaccins en cas de retour de la maladie », résume Le Figaro.

David Evan espère que sa recherche permettra d’élaborer des vaccins. « Ai-je augmenté le risque de montrer comment le fabriquer ? Je ne sais pas, a-t-il déclaré à Science. Peut-être que oui. Mais la réalité, c’est que le risque a toujours été présent. »