Autisme: La concertation sur le 4e plan lancée ce jeudi à l'Elysée, fortes attentes des associations

POLITIQUE Les associations, en tête desquelles l'Unapei, souhaitent notamment un «financement à la hauteur des enjeux» économiques et sociaux liés aux troubles du spectre de l’autisme...

M.P. avec AFP

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Il n'existe que 60 unités en France, créées dans le cadre du 3e plan autisme (2013-2017), qui associent Education nationale et secteur médico-social
Il n'existe que 60 unités en France, créées dans le cadre du 3e plan autisme (2013-2017), qui associent Education nationale et secteur médico-social — ERIC CABANIS AFP

« Changer la donne », « combler le retard »… La concertation sur le 4e plan autisme, qui sera lancée ce jeudi à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron, suscite de fortes attentes de la part des associations, qui réclament au nouveau gouvernement « des avancées réelles ».

En France, selon ces associations, quelque 650.000 enfants et adultes seraient atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA). Un nouveau-né sur 100 serait concerné.

L’Unapei veut « éviter le gâchis humain actuel »

Et alors que ces chiffres sont en augmentation, l’Unapei, association de personnes handicapées mentales et leurs familles, a indiqué dans un communiqué que le 4e plan autisme devrait être « résolument opérationnel pour que les personnes autistes bénéficient d’avancées réelles en termes d’accompagnement, y compris les plus vulnérables », afin « d’éviter le gâchis humain actuel ».

La santé, la scolarisation, la vie sociale, le logement, le travail doivent « être adaptés », poursuit l’association, souhaitant un « financement à la hauteur des enjeux ».

Pour une diminution du nombre d’enfants sans prise en charge

Cette concertation est « décisive », a pour sa part estimé Vaincre l’autisme. Pointant les « conséquences sociales » de l’autisme (isolement des familles, divorces, pertes d’emploi), cette association définit comme « priorité » la diminution du nombre d’enfants sans prise en charge, « en se donnant les moyens de diagnostiquer, évaluer et traiter les 8.000 enfants autistes qui naissent chaque année ».

Elle préconise notamment un dépistage systématique dès le plus jeune âge, une commission d’enquête parlementaire pour contrôler les financements, ou encore le développement de la recherche et la création d’un institut de l’autisme.

Des patients « exilés de force à l’étranger »

Dans un communiqué, la fédération Sésame autisme (FFSA) a, elle, souhaité que ce plan « comble le retard ». Pour sa présidente, Christine Meignen, sa « mise en œuvre doit répondre aux besoins urgents et immédiats des milliers de personnes actuellement sans solution ou exilées de force à l’étranger ».

Selon l’Igas, 1.451 enfants et 5.385 adultes handicapés, dont une proportion « conséquente » atteints d’autisme, étaient accueillis dans des établissements belges fin 2015, faute de structures adaptées en France.

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Un 3e plan autisme avec « des avancées » mais également des lacunes

Le 4e plan autisme, dont la concertation sera lancée ce jeudi avec des associations, des acteurs du handicap, ainsi que la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et la secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, doit prendre le relais du troisième. Pour la période 2013-2017, il avait été doté de 205 millions d’euros.

Dans un rapport d’évaluation du 3e plan publié en mai, l’inspection générale des Affaires sociales (Igas) et l’inspection générale de l’Education nationale (Igen) avaient relevé « des avancées » mais également des lacunes concernant la prise en charge des adultes atteints de ce trouble neuro-développemental, et l’accompagnement des familles.