Fiables ou dangereux? «60 Millions de consommateurs» fait le tri dans les autotests

PHARMACIE Les autotests fleurissent dans les pharmacies… mais ne sont pas toujours fiables, selon une étude publiée mercredi par le magazine…

Oihana Gabriel

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CoaguChek INRange, autotest connecté par Bluetooth qui doit faciliter le traitement à domicile des patients sous anticoagulants, vient d’être lancé fin mai 2016.
CoaguChek INRange, autotest connecté par Bluetooth qui doit faciliter le traitement à domicile des patients sous anticoagulants, vient d’être lancé fin mai 2016. — Roche/YouTube

« Tu as fait un test ? » Pendant longtemps, cette question concernait exclusivement les femmes qui se demandaient si elles étaient enceintes. Mais depuis quelques années, quantité d’autotests sont venus rejoindre les tests de grossesse dans les rayons des pharmacies.

On peut en effet aujourd’hui se procurer ces autotests sans ordonnance pour une multitude de maladies : le VIH, mais aussi la maladie de Lyme, le diabète, les cancers de la prostate, la fertilité masculine… 60 Millions de consommateurs publie dans son numéro de juillet/août une enquête sur la vingtaine d’autotests vendus aujourd’hui en pharmacie.

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Une avancée pour le test du VIH

Et le résultat est clair : il existe une grande disparité entre ces autotests. Selon le magazine de l’Institut national de la consommation (INC) seuls deux tests ont fait leurs preuves : celui touchant au sida, et un autre pour le diabète. Le test pour déterminer si on a le VIH, commercialisé depuis 2015, semble être un vrai progrès pour cette maladie, sachant que 20 % des personnes séropositives ignorent leur état.

Ces autotests permettent à des personnes qui doutent de se faire dépister régulièrement, en toute discrétion et sans attente. Une innovation soutenue par les associations de patients séropositifs et très surveillée par des études.

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« Pilote de son traitement »

Autre autotest qui remporte son pari : celui pour les diabétiques de type 1. Ces tests dévoilent le taux de glucose dans le sang, indicateur fondamental pour un bon suivi de cette maladie chronique assez lourde. Le patient, plus autonome, devient donc « pilote de son traitement » selon André Grimaldi, diabétologue, cité par le magazine. Ce sont les seuls autotests prescrits, donc remboursés par la Sécurité sociale.

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Le test pour la maladie de Lyme décrié

En revanche, quantité d’autotests se révèlent inutiles et même dangereux. Car selon les spécialistes interrogés, s si cette mode des autotests participe à l’empowerment des patients… elle cache aussi un marché juteux pour les industriels.

Dans le viseur de certains spécialistes : le test pour la maladie de Lyme, pas assez sensible. En France, 27.000 nouveaux cas de Lyme, une maladie transmise par les tiques, sont déclarés chaque année. Les autorités sanitaires ont d’ailleurs été interpellées pour faire interdire ce test.

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>> Que pensez-vous de ces autotests ? Est-ce que vous y avez eu recours et pourquoi ? Est-ce, selon vous, un phénomène positif pour le patient, qui devient acteur de sa santé et n’a pas à attendre des mois pour une consultation… ou au contraire un business juteux et dangereux ? Préférez-vous faire un test pour le VIH au calme, seul chez vous ou avoir les conseils et l’écoute d’un médecin ? Vous pouvez témoigner dans les commentaires ou en envoyant un mail à contribution@20minutes.fr. Vos témoignages serviront à la rédaction d’un futur article.