Cosmétiques: Les bons réflexes pour trouver des produits sains

SANTE Privilégier les produits contenant peu d’ingrédients et se méfier des promesses marketing constituent un bon début…

Anissa Boumediene

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Un rayon de produits cosmétiques dans un supermarché.
Un rayon de produits cosmétiques dans un supermarché. — ALLILI MOURAD / SIPA

Polluants pour l’environnement, allergisants pour la peau ou encore trop riches en perturbateurs endocriniens : les produits cosmétiques que l’on utilise au quotidien ne nous veulent pas tous du bien. C’est ce que révèlent le magazine60 Millions de Consommateurs, qui publie dans son hors-série d’été un guide des cosmétiques « sains et sûrs » et l’UFC Que Choisir, qui vient de mettre en ligne  une liste actualisée de plus de 1.000 cosmétiques contenant des ingrédients jugés « indésirables », et dont 23 sont même « hors la loi ». Gels douche pour enfant, crème hydratante pour le corps, shampoings ou encore déodorants, aucune catégorie de produits n’est épargnée. Mais pas de panique, 20 Minutes vous aide à y voir plus clair dans les rayons cosmétiques des supermarchés et parapharmacies.

Apprendre à déchiffrer les étiquettes et privilégier la simplicité

Pas besoin de casser sa tirelire pour trouver des produits sains. Bons et mauvais élèves se trouvent tout à la fois aussi bien dans les cosmétiques à petits prix que dans ceux qui sont bien plus chers. Le premier réflexe, c’est de déchiffrer les étiquettes et privilégier la « simplicité » : un nombre réduit d’ingrédients est « un gage de moindre risque » pour le consommateur, juge Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée du magazine. Et quoi de plus simple et sain que des ingrédients naturels. Pour les repérer, la langue est un précieux indice : un nom en latin désigne un ingrédient issu de plantes qui n’a pas subi de transformation, tandis qu’un nom en anglais signifie une substance naturelle transformée chimiquement.

Et pour y voir plus clair dans ce brouillard, 77 ingrédients dans toutes les familles de produits du rayon hygiène-beauté sont aussi passés au crible par le magazine de l’Institut national de la consommation (INC) : vert pour ceux qui ne posent pas de problème, orange pour ceux qui sont irritants, allergènes ou qui polluent l’environnement, et rouge pour ceux suspectés d’être perturbateurs endocriniens ou cancérogènes.

« Tous ces composés et descriptifs, cela peut être source de confusion pour les consommateurs, c’est pour cela que nous proposons cette liste interactive de plus de 1.000 cosmétiques, pour voir clairement la composition de tous ces produits cosmétiques du quotidien, explique Olivier Andrault, chargé de mission à l’UFC Que Choisir. Et chaque consommateur peut contribuer à cette liste en soumettant en ligne de nouveaux produits cosmétiques pas encore répertoriés ».

Préférer les crèmes en tube et se méfier des promesses marketing

Pour éviter les cosmétiques à la liste d’ingrédients longue comme le bras et bourrés de conservateurs, mieux vaut préférer les crèmes en tube plutôt qu’en pot. Pourquoi ? Conditionnée en pot, une crème aura besoin d’une formulation plus riche en conservateurs et agents antimicrobiens, autant de substance loin d’être d’origine naturelle. En tube, une crème contient donc moins de conservateurs, donc potentiellement moins de perturbateurs endocriniens.

Autre aspect non négligeable du packaging : les promesses marketings écrites sur les emballages de nos produits favoris. « Efficacité prouvée », « promesse tenue » ou encore « sans paraben » : des formules écrites pour susciter le désir d’achat mais qui peuvent être un peu trompeuses. Rien n’assure que la formulation de ces produits miracles soit dénuée de perturbateurs endocriniens ou de substances allergisantes.

Choisir ses labels et mettre la pression

« Les consommateurs sont maintenant conscients des risques qu’ils peuvent prendre à utiliser ces produits, mais de plus en plus, ils réclament une liste positive, des produits sans risques pour leur santé », renchérit Adeline Trégouët, de 60 Millions de Consommateurs. Selon elle, cette démarche devrait inciter les fabricants à « poursuivre leurs efforts », en valorisant les « premiers de la classe », y compris chez les marques labellisées bio, qui ne sont pas toutes vertueuses et qui comprennent parfois trop de substances irritantes (alcool, parfums).

Mais choisir un label peut être un gage de sécurité. Par exemple, parmi les crèmes solaires testées par 60 Millions de Consommateurs, les quatre références à privilégier sont labellisées Ecocert ou Cosmebio, les autres contenant toutes des filtres chimiques perturbateurs endocriniens, toxiques pour la faune aquatique ou allergène.

« Nous demandons aux fabricants d’enlever toutes ces substances indésirables de leurs cosmétiques », déclare Olivier Andrault, de l’UFC Que Choisir. En permettant aux consommateurs d’êtres plus avertis, l’association espère ainsi que cela mettra la pression aux fabricants, pour les pousser à adopter des formulations plus saines pour les consommateurs et l’environnement.